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Aton
Aton est un dieu éphémère de la mythologie égyptienne du Nouvel Empire.
Amenophis III (le bâtisseur) donna à Aton un rôle prédominant durant son règne. Mais c'est son fils, Amenophis IV, qui fera de la personnification du disque solaire, Aton, le dieu unique de l'Égypte. Amenophis IV prendra le nom de Akhénaton (celui qui est utile à Aton) et construira pour lui une nouvelle capitale : Akhetaton, lHorizon d'Aton, (Tell el-Amarna en arabe).
Akhénaton fait du culte d'Aton une véritable révolution ésotérique. Aton, « père et mère de toute création », est un dieu unique (à l'époque, le polythéisme est de rigueur dans tout le monde connu) et universel (il ne limite pas ses bienfaits à l'Égypte). De plus, Aton n'a pas de forme, et les fidèles n'ont pas besoin de prêtres pour faire l'intermédiaire entre eux et le dieu. Certains pensent que le culte d'Aton est à l'origine du judaïsme qui lui emprunte beaucoup de ses concepts et qui verra le jour dans la population juive d'Égypte moins d'un siècle plus tard (c'est la thèse de Sigmund Freud dans L'homme Moïse et la religion monothéiste).
Autrefois représenté sous les traits d'un homme à tête de faucon, Aton sera, sous le règne d'Akhénaton, représenté sous la forme d'un disque solaire, dont les rayons terminés par des mains, tendent la clef de vie (Ankh) aux humains. Il est le symbole du soleil, et ses rayons sont les rayons divins qui transmettent la vie sur terre.
Les intercesseurs entre Dieu-Aton et le peuple est le couple royal: toute prière à « Dieu » doit passer par les enfants du Soleil. Le culte rendu à l'astre était bien trop abstrait dans la mentalité des égyptiens: ils n'étaient pas prêts.
Considéré comme le créateur du monde (au même titre que Amon), il se heurta au puissant clergé traditionaliste et ne put s'imposer que grâce au pouvoir du pharaon Akhénaton qui interdit le culte des anciens dieux et retira aux prêtres d'Amon le pouvoir et les richesses qu'ils avaient accumulés. À la mort d'Akhénaton (ou sous le règne du jeune Toutankamon), le culte d'Aton retourne dans l'oubli et le culte d'Amon est rétabli. La ville d'Akhetaton est abandonnée et la cour retourne à Thèbes.
Le premier monothéisme officiel du monde aura duré huit ans, mais il est probable que ce culte ait été transmis de génération en génération, bien qu'on en ait aucune preuve.
Transcriptions : ἰtn.
Codage : i-t:n-N5
i-t:n-N5
Catégorie:Index égyptologique
Catégorie:Divinité égyptienne
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Mythologie égyptiennecenter
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Les Égyptiens de l'Antiquité ont cherché à interpréter tous les phénomènes qu'ils pouvaient observer par le prisme de leur croyance séculaire. La notion la plus importante pour eux est celle de cycle :
- le cycle du jour avec le soleil renaissant chaque matin,
- le cycle des années avec l'inondation annuelle qui pouvait être source de joie comme de peine (en cas de trop faible ou trop forte crue),
- le cycle de la vie avec les naissances qui succèdent aux morts (bien que les Égyptiens ne croyaient pas la réincarnation terrestre comme présenté par le bouddhisme).
Mythe de la création
La grande diversité du culte de l'Égypte antique se retrouve également dans les mythes de la création qui varient en fonction des régions (ou même des villes) et de leurs dieux tutélaires :
Voir l'article détaillé.
Mythe osirien
Pour les anciens égyptiens, l'univers n'était au commencement qu'un grand océan primordial nommé le Noun. C'est de Noun que naquit Atoum, le soleil. Atoum engendra Chou (le dieu du souffle) et Tefnout (le dieu de l'humidité). Chou sépara le ciel de la terre. Ainsi naquirent Nout (la déesse du ciel) et Geb (le dieu de la terre). De l'union de Nout et Geb naquirent deux fils Osiris et Seth, et deux filles, Isis et Nephthys.
Geb offrit le pouvoir sur terre à Osiris qui fut le premier des pharaons. Il régna au côté de sa sœur et épouse Isis. Son règne empreint de bonté, de justice et de sagesse rendit Seth fou de jalousie. Il complota contre son frère et l'assassina en l'entraînant dans un piège. Grâce à l'aide de Nephthys, Isis la magicienne réussit à ressusciter Osiris le temps d'une union d'où naquit Horus (le dieu des pharaons). Horus vainquit Seth en duel et régna sur l'Égypte. Osiris, lui, devint le roi du royaume des morts.
Voir l'article détaillé.
Mythe de la mort
Chez les égyptiens de l'Antiquité, les cérémonies et croyances liées à la mort représentaient une part importante de leur vie. Les préoccupations liées à la mort au cours de l'Égypte Antique étaient d'ordre religieuses. Le mythe de la mort représentait un aspect très important de la religion des égyptiens, mais constituait surtout une étape importante de la vie du pharaon, frère des dieux, qui devait après son décès vivre auprès des dieux un repos éternel. Les égyptiens considéraient qu'après le décès, l'âme du défunt pouvait renaître et accéder au « royaume des morts » et au repos éternel.
Le mythe de la mort peut être décomposé en deux parties :
- la première étape qui est le voyage du défunt vers l'au-delà avec la cérémonie de l'embaumement ;
- la seconde étape qui correspond au jugement du défunt par le dieu Osiris lorsque celui-ci atteint l'au-delà pour être jugé et peut-être accéder au repos éternel.
Voyage vers l'au-delà – embaumement
Osiris
Dans la mythologie égyptienne, le corps est divisé en plusieurs entités dont le djet, qui correspond au corps, et le ka, qui correspond au double spirituel accompagnant le corps depuis la naissance de l'individu jusqu'à son décès. Pour que le défunt puisse accéder au royaume de l'au-delà par l'intermédiaire de son ka, l'embaumement du djet est nécessaire. En effet, si le corps n'est pas embaumé, le djet devient le khat après la mort et ne peut accéder au repos éternel. Le rite de l'embaumement fut créé par Isis lorsqu'elle embauma son frère Osiris afin de lui redonner vie. Ce rite symbolise donc la renaissance du défunt et l'accès au « royaume des morts » et au repos éternel. Les statues et offrandes présentes aux côtés du défunt dans son sarcophage permettent de l'accompagner dans son chemin vers le jugement de l'âme.
Ce chemin vers l'au-delà est pris en compte dans l'architecture des pyramides. En effet, au sein des pyramides, les couloirs s'élevant vers les sommets de la pyramide et le ciel depuis la chambre funéraire du défunt, semblent être des passages permettant à l'âme de s'élever et d'atteindre le « royaume des morts ». Le Livre des morts, placé aux côtés du défunt, avait pour but de le guider vers le « royaume des morts » et de le préparer au jugement de l'âme à l'aide de recueils et de sortilèges.
Jugement de l'âme
La pesée de l'âme consiste à mettre le cœur du défunt sur une balance et de l'autre côté une plume (représentant la déesse Maat) ; si le cœur est plus léger (ce qui signifie que le cœur n'est pas entaché de péchés), le défunt peut rejoindre le royaume des morts. Sinon, il se fera dévorer par un monstre et son âme sera perdue à tout jamais. Osiris ne devint dieu du royaume des morts qu'après avoir passé avec succès l'épreuve de la pesée de l'âme. Les défunts voulaient donc s'identifier à Osiris pour atteindre le royaume des morts et reposer en paix.
Voir l'article détaillé.
Mythe du cycle du jour
article détaillé
Le mythe décrit le combat que mène Rê chaque nuit contre les « forces du chaos » représenté par le serpent Apophis afin de permettre la réapparition du soleil chaque matin sur le « monde d'en haut ».
Rê étant considéré comme le dieu du soleil, entre autres, lorsque le soleil disparaissait chaque soir à l'horizon, le dieu Rê changeait de moyen de transport pour adopter une barque sacrée et traverser le Nil souterrain. Au cours de ce périple, Rê traversait les douze portes correspondant aux douze heures de la nuit (de 5h du soir à 5h du matin) dans le monde souterrain, la douat, et devait déjouer les pièges des forces du chaos tentant de renverser à tous moments la barque du dieu du soleil. Il est aidé en cela par le dieu Seth qui, se tenant à la proue de la barque solaire, lance ses traits sur Apophis. Ce périple avait pour but la renaissance du dieu Rê chaque matin ramenant ainsi la lumière aux habitants du « monde d'en haut ». Cette renaissance de Rê, représentée par le lever du soleil, était considérée également comme la renaissance du monde et le signe que le dieu Rê avait triomphé des forces du chaos durant son périple.
On retrouve également la notion des douze portes au sein des Pyramides d'Égypte dont le couloir menant au sarcophage est constitué de douze encadrements de porte, correspondant à chacune des heures de la nuit.
Ce combat entre le dieu Rê et Apophis, chaque nuit, dès le coucher du soleil, et conduisant à un nouveau lever de soleil, chaque matin, constitue donc le mythe du cycle du jour dans la mythologie égyptienne.
Article détaillé : Mythe égyptien des cycles du soleil.
Articles connexes
- Les dieux égyptiens ;
- La pensée des Égyptiens de l'Antiquité ;
- Les temples.
Catégorie:Index égyptologique
ja:エジプト神話
ko:이집트 신화
Nouvel Empire égyptienNouvel Empire Nouvel Empire
Introduction
Le Nouvel Empire est la période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne.
C'est une période de raffinement et d'évolutions qui s'étale sur un peu plus de cinq siècles.
L'initiateur est Iâh-mosis (né de la lune), premier roi de cette époque. Chasseur des Hyksôs (Indo-européens), il va mettre en place les fondations du Nouvel Empire en compagnie de sa mère Iâh-Hotep (la lune est en sagesse) et de son épouse Ahmès-Néfertari (La belle entre les belles).
Le Nouvel Empire couvre une période allant des environs de environ 1500 à 1000 avant notre ère et est formé de trois dynasties :
- (1552 à 1292 avant notre ère) ;
- (1292 à 1186 avant notre ère) ;
- (1186 à 1069 avant notre ère) ;
Parmi les personnages illustres de cette époque, il faut retenir les noms de :
- Amenhotep ;
- Thoutmosis ;
- Hatchepsout ;
- Akhénaton ;
- Toutânkhamon ;
- Horemheb ;
- Ramsès ;
- Séthi ;
- Taousert ;
- Sethnakht ;
C'est une période très ouverte vers le monde extérieur, comme la Crète, le Hatti (ennemi un certain temps), etc.
C'est de cette époque que nous viennent les plus beaux témoignages architecturaux (temple de Louxor, tombe de Séthi I, Ramesséum, Abou Simbel, etc.)
C'est pour nous la période la plus connue de l'histoire égyptienne : expansion territoriale, et surtout beaucoup de personnalités connues.
Cette période commença par la fin du règne Hyksôs qui occupaient la Basse Égypte. Vers 1570 avant J.-C., le roi Hyksôs ne contrôlait plus que le nord de l'Égypte depuis Avaris, sa capitale. Ce sont les révoltes des princes thébains qui mirent fin à l'occupation des Hyksôs en Égypte. D'abord sous Kamosis qui les repoussa vers le nord, leurs prenant les territoires de Moyenne Égypte. Le roi Hyksôs essaya en vain de s'allier avec des souverains nubiens de Kerma, mais son messager fut fait prisonnier sur la route des Oasis.
Ahmosis, futur roi thébain prit la ville de Memphis lors d'une seconde attaque et plaça ses troupes devant la ville d'Avaris qu'ils prirent. Après trois ans de siège, la dernière place forte des Hyksôs (Sharouhen, dans le sud de la Palestine) fut prise par les Egyptiens. Il en était fini des Hyksôs, les territoires anciennement égyptiens avaient été remis sous contrôle.
C'est par l'expulsion des Hyksôs hors d'Égypte et par l'unification de la Haute et de la Basse Égypte par Ahmosis que commence le Nouvel Empire d'après les égyptologues. Au début du Nouvel Empire, on note surtout de grandes expansions (notamment Vers l'Asie Mineure et la Nubie) qui amenèrent les frontières de l'Égypte du cœur de l'actuel Soudan (près d'Abou Hamed, au nord de la cinquième cataracte) jusqu'à un pays appelé Naharina (près de l'Euphrate, au Nord Est du pays).
Ainsi, l'Égypte avait acquis une sorte de réputation mondiale. Cependant, les territoires au-delà de la vallée du Nil n'était pas bien contrôlés (notamment les principautés palestiniennes qui, bien que contrôlées par un conseiller égyptien, restait sous la domination des populations autochtones). De nombreux témoignages montrent que l'Égypte souhaitait quand même dominer le monde «jusqu'à ses limites », cela restant utopique, surtout quand on sait que l'Égypte n'a jamais su pacifier la région de la Syrie septentrionale et centrale où il rivalisèrent d'abord avec les princes du royaume du Mitanni puis avec les Hittites.
La politique intérieure au début de Nouvel Empire
Ahmosis, puis Aménophis I (ou Amenhotep) imposèrent l'unification des deux Terres, indispensable à la prospérité du pays. Pour cela, ils engagèrent des réformes telles que l'homogénéité de l'administration, de la législation, du calendrier et du culte. Aménophis 1er fut élevé au rang de dieu à sa mort pour ces actes.
À cette époque, on renforça l'importance de la famille royale au sein du culte divin. Par exemple, c'était à une princesse de la famille royale que revenait le titre d'Epouse du dieu Amon, à Thèbes. Cette fonction «était très importante car elle était susceptible d'apporter beaucoup d'influence politiquement (à cause de l'oracle d'Amon). Cette époque vit aussi Amon, dieu à l'origine seulement local, élevé au rang de dieu dynastique (constructions de temples dans tout le pays)
Hatchepsout et Thoutmôsis III
À la mort de Thoutmôsis II, c'est le fils d'une épouse secondaire, Thoutmôsis III, qui monte sur le trône. En raison de son jeune âge, la régence revint à sa tante et belle-mère, Hatchepsout, fille de Thoutmôsis I et épouse de Thoutmôsis II.
Hatchepsout s'imposa au niveau politique. Elle dressa de nombreux obélisques dans le temple de Karnak et construisit un magnifique temple funéraire sur la rive Ouest de Thèbes, au lieu-dit Deir el-Bahari. Dans ce temple, on peut voir des scènes de théogamie, où est relatée la naissance divine du pharaon.
L'histoire retiendra une Hatchepsout pacifique et un Thoutmôsis III belliqueux et parfois même un peu trop énergique : au cours d'une chasse de cent vingt éléphants dans une plaine de l'Oronte, le roi avait fait une démonstration personnelle de son audace, mais un officier avait dut intervenir pour le tirer d'une situation périlleuse.
Les campagnes de Syrie et de Palestine
Thoutmosis III et Hatchepsout étaient déjà partis sous les acquis de Thoutmosis Ier qui avait conquis le Sud de la Palestine, et avait imposé l'autorité égyptienne sur la Syrie au roi du Mitanni. Durant le règne d'Hatchepsout, le prince de Qadesh profita de son pacifisme pour réunir des détracteurs au pouvoir égyptien ; de plus, les conflits surtout commerciaux ne cessaient de croître. À la mort de la femme pharaon, les troupes de Thoutmosis III atteignirent Gaza. Après un siège de sept mois, la ville de Mégiddo se rendit, suivi de nombreuses principautés qui reconnurent la suprématie égyptienne (par exemple, le souverain d'Assour, ennemi du Mitanni, qui établit des liens avec le pharaon). Les vingtaines d'années suivantes furent occupées par des campagnes visant à asseoir l'emprise égyptienne sur la Syrie centrale. Pour intervenir rapidement contre une rébellion possible à Qadesh, deux bases furent établies, à l'embouchure de l'Oronte, à Gaza et peut être aussi à Damas.
Les campagnes vers le Sud
Des la fin de l'occupation des Hyksôs, on s'empressa de reconquérir les territoires du Sud. Notamment dans la région d'Eléphantine et en Basse Nubie où les princes de quelques cités avaient conclu des accords avec le souverain de Kerma. Thoutmosis Ier, comme Ahmosis avant lui, attaqua le centre du pouvoir de Kerma ; la ville fut assiégée et le royaume ennemi anéanti (vers 1500 avant J.-C.).
Pour continuer à contrôler ces territoires, la région fut mise sous contrôle d'un vice-roi égyptien nommé «fils royal de Koush » et dont le pouvoir s'étendait jusqu'à proximité d'El Kab, dans la région du désert oriental. Tout comme ceux des princes d'Asie du Nord, les fils des princes nubiens furent emmenés à la cour égyptienne, et élevés parmi les jeunes princes égyptiens afin de préserver leur loyauté future. Le tribut reçu du Sud était administré par le temple d'Amon à Thèbes.
On introduisit le culte du roi et de ses ancêtres dans les régions du Sud en édifiant de nouveaux temples au sud de Kerma (notamment à Saïs, Soleb et Napata). On voua ainsi des cultes à Amon, Ptah et Horus. Pour protéger les massives arrivées d'or nubiens, si précieuses aux yeux de l'Égypte qui en avait besoin pour consolider son prestige, des forteresses furent édifiées à la sortie du Ouadi Allaqi.
Avec les tributs du Nord ajoutés à ceux du Sud, déposés au trésor royal de Thèbes, l'influence économique de l'Égypte était devenue incontestable. Avec la fin du monopole maritime Minoen en Crète (du à l'irruption d'un volcan sur l'île de Santorin, sûrement), et la prise de pouvoir par Mycènes, l'Égypte eut l'occasion de pratiquer plus amplement des échanges commerciaux avec les autres royaumes.
Les produits égyptiens (dont l'or était très apprécié des royaumes étrangers) n'eurent pas de mal à ce répandre dans toute l'Égée. Mais l'Égypte importait aussi beaucoup de produits finis, ainsi que de matières premières et de la main d'œuvre : des artisans syriens, d'Asie mineure et de Crète venait travailler sur les chantiers navals royaux du port de Memphis.
Le fer provenait du Liban, près de Koumidou et les turquoises, des mines de Sérabit el-Khadim, dans le Sinaï. Cette ouverture sur le monde méditerranéen modifia profondément les modes et les goûts. L'ascendant des conseillers étranger auprès du roi ne cessa de croître et de nombreux mots d'origine sémite furent introduits dans la langue égyptienne.
Aménophis II et Thoutmosis IV
Aménophis II, fils de Thoutmosis III poursuivit les campagnes en Syrie et Thoutmosis IV, son petit-fils imposa sa politique avec le soutien de l'armée, car il avait reçu une formation militaire. Le souverain du Mitanni, qui craignait une nouvelle menace d'une grande puissance hittite aspira à des rapprochements avec l'Égypte, et permis à Thoutmosis IV d'installer son propre dirigeant sur le trône du pays de Noukhassé, au sud d'Alleppo.
Aménophis III n'eut qu'à poursuivre la politique militaire déjà bien installée en Syrie et n'eut à faire que quelques campagnes en Nubie. Il se maria avec une fille d'officier influent dans la cour de la région d'Achmim. À dix huit ans, il eut une épouse secondaire, Giloukhépa, fille d'un souverain du Mitanni, avec en dot, d'importants territoires syro-palestiniens. D'autres mariages politiques eurent ainsi lieu, notamment avec les filles des rois de Babylone, d'Assour et d'Arzawa en Anatolie.
Les campagnes militaires finies, le roi put se consacrer à son pays, et prit de grandes décisions lors de sa fête-Sed (cérémonie royale en l'honneur des trente ans de règne du souverain). D'abord, il construisit un immense ensemble palatial à Malqata, sur la rive gauche du Nil, qui disposait de son propre port. Il était alors vénéré quotidiennement à la cour comme l'incarnation du soleil. Amenhotep, fils de Hapou, érigea pour le roi un imposant temple funéraire.
Cette époque est aussi celle de la naissance du culte d'Aton, dont le nom est habituellement donné au disque solaire. D'après l'idéologie, le roi et le dieu se mêle la nuit pour qu'au matin, le roi apparaisse sous l'incarnation d'une divine forme humaine. Aton faisait de l'ombre à Amon qui était contesté par la cour, et ainsi naquit une dispute entre celle-ci et les grandes familles égyptiennes.
Akhénaton, l'hérétique
Amenophis IV, fils d'Amenophis III et de Tiyi, épousa Nefertiti, d'origine étrangère. Il a sans doute baigné depuis sa plus tendre enfance dans les discussions sur le culte dynastique du roi et de son dieu Aton. Ainsi, on peut supposer qu'il a préparé depuis longtemps le remplacement du culte d'Amon par celui du dieu solaire, ce qu'il fit effectivement, six ans après son couronnement : il supprima le culte d'Amon à Karnak, mais, au lieu de supprimer le temple, il l'utilisa au profit de son dieu. Sa femme, Nefertiti, et sa fille, Meritaton, exerçaient la fonction sacerdotale des anciennes épouses du dieu. Petit à petit, on supprima le nom d'Amon dans les lieux de cultes égyptiens, et la propriété d'Amon changea de culte.
C'est à partir de l'an V du règne d'Akhénaton que la reine mère ainsi que la cour au complet déménagea pour le palais de l'actuelle Tell el-Amarna, en Moyenne-Égypte. Akhetaton («horizon d'Aton ») était le nom de cette ville, destinée à la fonction de capitale. En changeant de capitale, il changea son nom pour être plus connu sous le nom d'Akhénaton, probablement par provocation aux règles religieuses précédentes ; il centralisa le culte solaire au palais royal avec le temple du palais d'Aton et un temple funéraire, et sa tombe fut volontairement édifiée loin de celles des fonctionnaires de la cour dans le désert oriental. Souvent on représente Akhénaton par des statues relativement laides au niveau de l'expression, ceci étant dû à la modification des canons artistiques, et non forcément la réalité physique.
En architecture comme en sculpture on note de profondes modifications, notamment au niveau de la coupe des blocs de pierres (probablement des nouveaux modules utilisés pour tailler la pierre). Des expressions populaires font leurs apparitions dans des documents officiels, on parle alors de néo-égyptien. Des représentations du pharaon et de sa famille remplacèrent aussi les représentations des dieux locaux dans tout le pays.
Ce radicalisme s'adoucit vers l'an XII de son règne, car Akhénaton devait faire face de nouveau aux Hittites qui tentaient d'exercer de l'influence sur Qadesh. Cette menace n'était pas prise à la légère par les Égyptiens comme le prouve les différentes correspondances en écriture cunéiforme retrouvées à ce propos, et les différentes mises en garde données à l'Égypte par le roi de Byblos contre le souverain de Qadesh. Pour pallier ce problème, le pharaon envoya d'abord des troupes nubiennes en Palestine pour assurer la sécurité de l'administration égyptienne, mais il finit par régler la situation par un mariage diplomatique en épousant une fille du roi kassite de Babylone.
On suppose que Kiya, une reine représentée sur les monuments de l'époque, serait une fille du roi du Mitanni. Lors de sa mort et de celle de Nefertiti, on suppose que c'est Meritaton, la fille d'Akhénaton, qui aurait pris la place de Grande Epouse royale.
Akhenaton mourut sans successeur, on abrogea rapidement ses réformes et Amon retrouva sa place à Karnak. Le gouvernement revint à Memphis, quittant Akhetaton, et la tombe du successeur d'Akhenaton fut construite comme à l'habitude à Thèbes.
La veuve d'Ankhkhéperourê (ou Semenkhkarê), demanda après la mort de son mari - ce qui mit fin à son règne bref – au roi hittite un prince destiné à devenir son époux. Après de multiples vérifications pour s'assurer de l'authenticité de la demande, le roi fit envoyer un prince qui fut assassiné à la frontière égyptienne, donnant aux hittites une raison valable de marcher sur la Syrie du Nord.
C'est sous l'influence d'Aÿ que Ankhésenamon, une des filles d'Akhénaton et de Nefertiti, épousa le jeune Toutankhamon. Son règne fut bref, et il reste pourtant un des personnages les plus connus de l'Égypte ancienne. Pourquoi ? Tout simplement parce sa tombe est restée par chance inviolée. À cette mort, c'est le vieux Aÿ qui monta sur le trône, mais très peu de temps avant sa mort.
Les ramessides
Le haut commandant Horemheb, chef de l'armée à Memphis, prit le pouvoir après le règne controversé d'Aÿ, et se fit confirmer cette prise de pouvoir par un oracle d'Amon à Thèbes. Ramsès, son suppléant militaire fut désigné comme son successeur, et de son règne commencera la seconde moitié du Nouvel Empire, nommée époque ramesside (XIXe et XXe dynasties).
Horembeb, puis Ramsès Ier et Séthi Ier effectuèrent de multiples réformes à l'intérieur du pays. Séthi réhabilita le nom d'Amon dans d'anciens sanctuaires et fit déclarer Akhenaton roi hérétique. Stratégiquement, la capitale fut déplacée à la ville de Pi-Ramsès, dans le Delta oriental, proche de l'ancienne capitale Hyksôs, permettant par ses points d'eaux et ses forteresses un point de départ sûr vers la Palestine. La ville avait une taille imposante et des activités éclectiques comme des palais, des installations militaires, divers temples destinés aux dieux de l'Empire, des écuries et des manufactures d'armes. Ces dernières fabriquaient des boucliers hittites pour des troupes auxiliaires grâce au cuivre tiré des mines de Timna en Israël. Pi-Ramsès était aussi un point militaire stratégique, permettant une action rapide des troupes égyptiennes en cas de révoltes en Palestine ou en Syrie par exemple. Il y avait là des troupes nomades, les Hapirou (dont le nom se rapproche de l'actuel «hébreux »), qui gênaient le commerce par leurs guerres incessantes. Pour finir, une intervention militaire dans le pays d'Amourou (dont le centre est Qadesh) était devenue inévitable depuis qu'ils étaient passé ouvertement du coté Hittite.
C'est ce que fit Ramsès II, le successeur de Séthi Ier en engageant une importante guerre contre Qadesh. L'armée égyptienne eut la chance de pouvoir s'enfuir lors d'une embuscade. L'armée hittite était en effet dispersée par des pillages. L'Égypte perdit alors le pays d'Amourrou, et bien que la bataille de Qadesh ne fut remportée par personne, on peut remarquer sur les murs des temples égyptiens des inscriptions attribuant la victoire aux égyptiens. Cette bataille marque cependant un tournant dans l'histoire des relations entre l'Égypte et le Proche-Orient : le roi Hittite, ayant des problèmes de politiques interne, de famines et d'épidémies, convint avec le pharaon qu'une victoire totale n'était pas possible et signa un accord de paix. Plus tard, Ramsès II épousa une princesse hittite.
Ramses mourut à quatre-vingt-dix ans, après un règne bien occupé. Hormis les victoires, il fit des nombreux sanctuaires portant son nom dans tous les centres d'habitation du pays, souvent grâce à l'or obtenu par l'exploitation intensive de l'or nubien. Parmi ses quatre-vingt-dix enfants, Khâemouaset, un de ses fils, eut la tâche de réintroduire les anciens cultes et certaines de ses filles occupaient la fonction de Grande Epouse royale. Malgré cet apogée apparent, l'édification des temples, les victoires successives cachent une entrée dans une crise économique dévastatrice pour l'Égypte.
A l'ouest du pays, les Libyens s'activent en voyant apparaître des bateaux contenant les fameux «Peuples de la Mer ». Sous le règne de Mérenptah, ils s'étaient associés en attaquant dans le Delta, en vain.
Après le règne de celui-ci, la Haute-Égypte fut déchirée par une guerre civile nord-sud, et la situation se dégrada sous le règne de Ramsès III.
Le royaume hittite était tombé aux mains des Peuples de la Mer, dévastant tout sur le leur passage : les cités d'Asie Mineure et de Chypre, les villes du pays d'Alalakh, Ougarit et Karkémish. L'Égypte était assiégée de toute part, d'après les sources, par des Shardanes (Sardes ?), de Lyciens, de Touresh, d'Akhiyaouas (Achéens), de Péléset (Philistins), etc. ; malgré une attaque à l'ouest menée par les Libyens, elle fut repoussée par les Égyptiens.
Grâce à cette victoire et son butin correspondant, Ramsès III put entreprendre la construction du temple de Médinet-Habou qui était aussi une forteresse de par ses imposantes murailles. Les échanges commerciaux et les tributs cessèrent peut à peu, et ainsi s'installèrent les Philistins à Gaza et à Ashod, aux portes de l'Égypte.
Avec la perte des tributs et la demande constante de l'entretien de troupes de mercenaires (et peut être aussi une baisse du rendement de l‘or nubien) l'Égypte s'enfonça dans un déclin économique. Pour couronner le tout la main-d'œuvre travaillant aux tombes royales se mit en grève et Ramsès III, alors très âgé, fut victime d'une conspiration du harem.
Les successeurs de Ramsès III ne purent qu'observer la chute de l'Égypte : les troupes libyennes profitaient du déclin égyptien pour piller les temples thébains et le vice-roi de Nubie, Panéhési, entama une guerre privée contre Aménophis, le Grand Prêtre d'Amon à Thèbes. Plein d'espoir, la fête du Renouvellement des naissances de Ramsès XI, qui a pour but de définir une nouvelle orientation politique et d'instaurer une situation stable, n'eut pas de réelles retombées et le pharaon dut assister à l'effondrement du pouvoir thébain.
C'est alors que Hérihor-Siamon (Grand Prêtre d'Amon) instaura une dictature fondée sur une théocratie et définie par l'oracle thébain.
Amenophis III
Aménophis III (Amenhotep III ) fut le neuvième pharaon de la (période du Nouvel Empire). Il régna durant 38 ans, de -1408 à vers -1370.
Son père était le Pharaon Thoutmôsis IV. Il prit sa place à sa mort en -1408. Son fils Aménophis IV (Akhénaton), qu'il a eu avec la reine Tiyi, lui succédera aux environs de -1375.
Évènements sous son règne
-1375
- En l'an 2 de son règne (-1406), il prit pour épouse Tiyi qui devient la Grande épouse royale
- Le scribe du roi, Aménophis, fils de Hapou, favori et « Premier ministre » de fait.
- Merymose, vice-roi de Couch après Aménophis.
- Bakenkhonsou, grand prêtre d’Amon
- Aménophis III mène l’Égypte à l’apogée de sa puissance. Ce n’est pas un guerrier. Durant son long règne, une seule expédition militaire est attestée en Nubie en l’an 5 de son règne, pour réprimer une révolte.
- En Orient, devant la menace hittite, un jeu diplomatique se développe : l’Égypte et le Mitanni restent alliés. Aménophis III épouse Gilu-Hepa, sa cousine, fille du roi du Mitanni Shuttarna II (an 10). Il conclut également un traité d’amitié avec le roi de Babylone et un traité de commerce avec le roi d’Alasia (Chypre). Un droit international apparaît, influencé par le Code d’Hammourabi (la langue diplomatique est l’akkadien).
Économie et société
- L’Égypte, grâce à l’or nubien, est la première puissance financière du monde.
- Développement des grandes villes en Égypte, surtout celles qui sont résidences royales (Thèbes, Memphis).
- Les Shardanes, peut-être originaires de Sardes, en Asie Mineure, sont employés comme mercenaires d’élite par Aménophis III.
Arts, cultures et religions
Il fait agrandir considérable le complexe de Karnak en y faisant construire le temple de Louxor par son architecte Amenhotep fils de Hapou (qui, à l'instar d'Imhotep, l'architecte de Djéser, sera divinisé à titre posthume). L'élégance des formes architecturales et des proportions culmine alors (colonnes florales fasciculées). Il fait également construire un immense temple funéraire en face de Thèbes dont il ne reste aujourd'hui que les colosses dit « de Memnon ». On note sous son règne un raffinement des formes de l'art officiel (statuaire, relief, peinture).
L'ouverture du pays se poursuit sous le règne Aménophis III et on assiste a une syncrétisme religieux entre les dieux d'Égypte et d'Asie. Le roi du Mitanni envoie à Aménophis la statue miraculeuse de la déesse Ishtar de Ninive. On considère parfois qu'Aménophis III est l'un des initiateurs de l'art amarnien.
Titulature
Nom d'Horus
- Transcription : Kanekhet khaim-Maât .
Nom de Sa-Rê
- Hiéroglyphes : <-ra-nb-C10->
- Transcription : Neb Maât Rê.
- Traduction : « Rê est le possesseur de Maât ».
Nom de naissance
- Transcription : Amenhotep heqa Ouaset.
- Traduction : « Amon est satisfait, Régent de Thèbes ».
Articles connexes
- Colosses de Memnon
- Égypte antique
- Pharaon
Amenophis 03
Amenophis 03
Amenophis 03
Amenophis IVCatégorie:Chanteur français
Catégorie:Hip-hopCatégorie:Rap
Note : Akhenaton est l'une des transcriptions possibles en français du nom du pharaon Akhénaton.
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Akhenaton (de son vrai nom Philippe Fragione) est un chanteur et producteur de rap français d'origine napolitaine converti à l'Islam, né le 17 septembre 1968 à Marseille.
Il a plusieurs surnoms : Chill, AKH, Sentenza, Spectre.
Il a également créé :
- le label musical Côté Obscur ;
- la maison d'édition La Cosca ;
- le label musical 361 qui fabrique des disques vinyles (33 tours) et produit des artistes sur support vinyle.
Il a d'abord été connu en tant que rappeur du groupe IAM.
Il est aussi connu en tant que producteur. Il a produit des morceaux pour de nombreux rappeurs dont Bambi Cruz, Passi, Stomy Bugsy, Chiens de Paille, Fonky Family, Freeman, La Brigade, 3ème Œil.
Discographie solo
- Métèque et mat (1995)
- Taxi (B.O. du film) (1998)
- Comme un aimant (B.O. du film) (2000)
- Electro Cypher (compilation électro produite par Chill) (2000)
- Sol invictus (2001)
- Black album (2002)
- Double Chill Burger - Quality Best Of (Double compilation) (2005)
- Soldat de fortune (Prévision de sortie : Mars 2006)
Égypte antique
Bien que l'on puisse définir temporellement l'Égypte antique comme la période de l'histoire égyptienne allant de l'invention de l'écriture à la fin de l'Antiquité, cette notion se rapporte plus particulièrement à la civilisation qui vécut sur les bords du Nil durant cette période de près de quatre mille ans d'Histoire. Du rassemblement des tribus égyptiennes pour la création du premier empire pharaonique jusqu'à son effondrement au début de l'ère chrétienne, l'Égypte antique a été le théâtre d'événements majeurs qui ont profondément influencés la culture d'une grande partie des peuples d'Afrique, de la Méditerranée et du Moyen Orient.
Histoire
C'est vers la fin du Néolithique que des tribus commencent à se rassembler dans la fertile vallée du Nil, pour aboutir à la constitution de deux royaumes distincts politiquement mais étroitement liés par une culture commune : la Haute Egypte, au Sud, et la Basse Egypte, au Nord (le Nil coule du Sud vers le Nord d'où ces appellations). La tradition attribue au royaume du Sud l'unification du pays (qui devient ainsi le premier état du monde) et l'établissement des premières institutions pharaoniques (par le Pharaon Narmer, pensent de nombreux spécialistes).
Le découpage de l'histoire de l'Égypte en grandes périodes et en 31 dynasties est héritée du prêtre-historien Manéthon (IIIe siècle av. J-C), même si les Egyptiens antérieurs ne faisaient pas cette distinction : pour eux la monarchie était continuelle.
- Période prédynastique : période précédant l'unification du pays ;
- Période thinite : les premières dynasties pharaoniques (capitale This, près d'Abydos);
- Ancien Empire : considéré par les anciens Égyptiens eux-mêmes comme l'Age d'or de leur civilisation avec, entre autre, la construction des plus grandes pyramides ;
- I période intermédiaire : période d'instabilité politique et de morcellement du pays en deux royaumes rivaux ;
- Moyen Empire : période faste, stable et de grande activité artistique ;
- II période intermédiaire : période de troubles graves, occupation du pays par les Hyksos ;
- Nouvel Empire : période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne. Elle se caractérise par un renouveau culturel et artistique dont l'apogée est atteinte avec les XVIIIe et XIXe dynasties. C'est l'époque des Touthmôsis, des Amenhotep (en grec : Aménophis) et des Ramessides ;
- III période intermédiaire : période de guerre civile, les rois-prêtres, domination libyenne puis éthiopienne (royaume de Koush), invasion assyrienne ;
- Basse époque : dynastie saïte, occupation perse, dernières dynasties autochtones puis domination hellénistique (Alexandre, les Ptolémées).
La fin de l'histoire égyptienne antique varie en fonction du point de vue adopté. Elle s'achève :
- d'un point de vue ethnologique, à la mort du dernier pharaon autochtone, Nectanébo II en 343 avant l'ère chrétienne;
- d'un point de vue politique, à la mort du dernier souverain autonome, Ptolémée XV (Césarion) en 30 avant l'ère chrétienne;
- d'un point de vue culturel, lors de la conversion du dernier temple égyptien en église copte, le temple d'Isis à Philae en 535 de l'ère chrétienne (fermeture en 551).
Histoire résumée
L'unité de l'Égypte pharaonique pendant ses 3000 ans d'histoires n'est pas une affaire de frontières géographiques. Sur ce plan elle connut de nombreuses situations en possédant tout d'abord la Nubie puis se dirigeant vers le Moyen Orient avant de régresser de façon générale pendant la basse époque. Pourtant on ne peut nier que certains caractères géographiques sont inséparables de l'identité égyptienne. Ainsi le Nil a modelé le mode de vie et la civilisation de l'Égypte.
On peut plutôt observer que de grands principes se sont maintenus tout au long de l'histoire de Kemit. Il y a toujours eu un pouvoir central fort en la personne du roi. Quand celle ci devenait faible on assistait à des crises comme la première période intermédiaire à la mort de Pépi II où règnent simultanément plusieurs familles. Le système où tous les pouvoirs étaient détenus par le pharaon évolua. Il se complexifia en une administration importante. Sous Sesostris III, la fonction de vizir fut dédoublé pour assurer une meilleure gestion. Mais pendant tout ce temps fut maintenu l'institution pharaonique même en cas de domination étrangère. Celle ci permettait en effet une légitimité au pouvoir en place.
Ce n'est pas par hasard si les Hyksos, les Perses, Alexandre le grand puis ses généraux grecs se firent nommer pharaon. Le fait de suivre l'antique coutume leurs conféraient une légitimité par rapport aux Égyptiens. La même idée est valable pour toutes les dynasties issues d'Égypte, la fonction de Pharaon réfère à un symbole prépondérant. En effet les dynasties ne se suivaient pas par filiation. L'état de pharaon permet la réduction de ce fossé familial. Ainsi Ramsès I avant d'être couronné était un général et vice roi.
Mais peut être cette unité dans la conception du pouvoir n'aurait pas duré autant si la fonction de pharaon ne renvoyait pas à un idéal spirituel. Le pharaon est un lien entre le terrestre et le divin. Sa fonction ne se limite pas au temporel, il est le premier prêtre d'Égypte. Bien sur, sur le plan historique, ce n'est pas si simple. Ainsi on a pu voir la rupture avec la période Atonienne ou la progressive prise de pouvoir au cours des siècles du clergé d'Amon. Mais pour les pharaons ayant un réel pouvoir, leurs fonctions en faisaient les garants du divin. Encore une fois c'est une sorte de légitimité. Sans entrer directement dans la sphère purement culturelle que nous allons maintenant aborder.
Voir l'article détaillé : Histoire de l'Égypte antique.
Géographie
La géographie de l'Égypte antique, que ce soit d'un point de vue climatique que géopolitique, est assez proche de celle de l'Égypte contemporaine. L'Égypte est un pays au climat semi-désertique dont seule la bande fertile de part et d'autre du Nil, le Delta et quelques oasis éparses, sont propres à l'implantation humaine. Le reste est recouvert par le désert Libyque à l'ouest, le désert Arabique à l'est et le Sinaï au nord-est. Les frontières « traditionnelles » de Égypte antique sont assez semblables aux frontières de l'Égypte moderne. Ainsi, dans l'Ancien Empire, le pays est délimité au nord par la Méditerranée, au sud par la première cataracte du Nil, a l'ouest par le désert libyque et à l'est par la mer rouge et le désert du Sinaï. Le territoire égyptien était découpé en régions administratives, les nomes, qui étaient gouvernées, au nom de pharaon, par des nomarques.
Voir l'article détaillé : Géographie de l'Égypte antique.
Agriculture
Il existe un étonnant paradoxe entre l'image que les Égyptiens de l'Antiquité avaient de leur agriculture et l'image qu'en avaient les visiteurs étrangers. Ainsi, alors que les scribes dépeignent le métier d'agriculteur comme le plus harassant et ingrat des travaux manuels, les voyageurs grecs comme Hérodote et Diodore de Sicile s'extasiaient devant cette terre où les plantes semblaient pousser sans grand effort.
Voir l'article détaillé : Agriculture dans l'Égypte antique.
Organisation politique
L'Égypte antique est une théocratie. Bien plus qu'un roi, le Pharaon était à la fois l'administrateur principal, le chef des armées, le premier magistrat et le prêtre suprême de l'Égypte. En effet, Pharaon avait une mission à remplir : mettre en œuvre la règle de Maât sur la Terre; c'est-à-dire assurer l'harmonie entre les hommes et le ciel, être garant de la morale de son peuple, contribuant ainsi à assurer son éternité.
Voir l'article détaillé : Organisation politique de l'Égypte antique.
Voir aussi :
- Pharaon.
Art égyptien
L'Art de l'Égypte antique est caractérisé par une idée d'ordre : des lignes claires et simples, associées à des formes simples et des aplats de couleur. Les artistes utilisaient des lignes perpendiculaires, verticales et horizontales, pour former un quadrillage et donner des proportions correctes à leurs travaux. L'art reflétait l'importance sociale, religieuse et politique. La hauteur des personnages dépendait par exemple de leur rôle dans la société : les plus importants étaient les plus grands - il n'y avait par ailleurs pas de perspective. Le pharaon est ainsi toujours représenté comme le plus grand des hommes ; et de même les dieux sont plus ou moins imposants selon qu'ils sont considérés plus ou moins puissants.
Voir l'article détaillé : Art égyptien.
Voir aussi :
- Hiéroglyphe;
- Papyrologie;
- Textes de l'Égypte antique.
Mythologie égyptienne
Les Égyptiens de l'Antiquité ont cherché à interpréter tous les phénomènes qu'ils pouvaient observer par le prisme de leur croyance séculaire. La notion la plus importante pour eux est celle de cycle :
- le cycle du jour avec le soleil renaissant chaque matin,
- le cycle des années avec l'inondation annuelle qui pouvait être source de joie comme de malheurs (en cas de trop faible ou trop forte crue du Nil),
- le cycle de la vie avec les naissances qui succèdent aux morts.
Voir l'article détaillé : Mythologie égyptienne.
Voir aussi :
- Dieux égyptiens;
- Concepts égyptiens.
L'Égypte antique dans les arts
Architecture
- Maison égyptienne, place du Caire à Paris, construite en 1805 et dont la façade reprend une frise et des têtes égyptiennes.
- Egyptian Hall à Londres en 1812
Peinture
- Hubert Robert (1733-1808) fait de nombreuses peintures dont le décor rappelle l'Égypte antique.
Musique
- Aïda, opéra de Guiseppe Verdi
Littérature
- Le roman de la momie de Théophile Gautier
- Le Nabab d'Alphonse Daudet
- La première pyramide deBernard Simonay
En bande dessinée on peut citer :
- la série Papyrus http://www.egypteinedite.be;
- Le Mystère de la grande pyramide d'Edgar P. Jacobs
- La Foire aux immortels, d'Enki Bilal
- Astérix et Cléopâtre
Cinéma
- Cléopâtre est un film de Joseph Mankiewicz, de 1963.
- Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre, une adaptation par Alain Chabat de la bande dessinée, de 2001.
Jeux de rôle
- Égypte : 1156 av. J.-C. L'énigme de la tombe royale (© 1997 Réunion des Musées Nationaux, Canal+ Multimédia, Cryo Interactive)
- Kémi, Aventures en terre d'Egypte
- GURPS Egypt
Articles connexes
- Bématiste
- Égyptologie,
- Égypte d'aujourd'hui,
- Voir aussi : Projet égyptologique de Wikipédia.
Lien externe
- [http://dmoz.org/World/Français/Sciences/Sciences_humaines_et_sociales/Archéologie/Archéologie_historique/Egyptologie/ Égypte antique sur Dmoz]
-
Egypte
Egypte antique
-
Egypte
ja:古代エジプト
Akhénaton
Akhénaton est un pharaon de la (Nouvel Empire égyptien).
Nouvel Empire
Fils d'Aménophis III et de la reine Tiyi, il est connu pour avoir imposé la première religion monothéiste connue de l'histoire, le culte du disque solaire Aton. C'est vers 1375 avant l'ère chrétienne que Aménophis IV, couronné sous le nom de Néferkhéperouré Ouâenrê (c'est le nom qu'il porte à cette époque), alors âgé de seize ans, monte sur le trône d'Égypte. Pour des raisons encore mal connues, il décide, après 6 ans de règne, d'imposer une nouvelle religion. Aton devient la personnification du disque solaire source de toute vie. Aménophis IV prend alors le nom de Akhénaton (celui qui est utile à Aton). Il interdit le culte des anciens dieux, et quitte la capitale (Thèbes) pour fonder une cité vierge de présence divine. Il trouve son emplacement en moyenne-Égypte, et en l'année 9 de son règne, fonde la cité de Akhetaton (« l'horizon d'Aton »), situé sur le site de l'actuelle Tell el-Amarna. Toute la cour et l'administration égyptiennes déménagent dans la nouvelle capitale, dont les temples, dédiés au dieu unique Aton, sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d'y pénétrer.
Akhénaton et Néfertiti sont les seuls intermédiaires suprêmes du culte d'Aton.
Le règne d'Akhénaton voit l'émergence de l'art amarnien, qui se caractérise d'une part par le développement d'un art naturaliste où abondent les plantes, les fleurs et les oiseaux, et d'autre part par la représentation plutôt réaliste des personnages poussant parfois même jusqu'à la caricature (l'art traditionnel étant plutôt idéaliste). On prête aussi à Akhénaton des talents de poète. Un chercheur a avancé une hypothèse selon laquelle Akhénaton aurait été atteint d'une maladie génétique rare et transmissible à sa descendance : le Syndrome de Marfan. Apparemment Néfertiti, sa femme, et certaines de ses six filles l'auraient eû aussi, car elles sont représentées de la même manière.
Loin de ce tableau idyllique (et peut-être exagéré par l'imaginaire collectif), le règne d'Akhénaton est aussi considéré par certains comme une période noire dans l'histoire de l'Égypte antique. En effet la révolution religieuse d'Akhénaton aurait entraîné une forte répression contre le clergé d'Amon (fermeture de temples, persécution, confiscation des biens, dégradation des effigies des anciens dieux). Ce qui lui vaudra d'être surnommé le pharaon hérétique. De plus, comme il avait refusé de venir en aide militaire aux alliés de l'Égypte menacés par les Hittites, il aurait entraîné la perte de plusieurs protectorats égyptiens dans le nord. Il semble aussi que, dû à une centralisation excessive, l'Égypte ait subit à cette époque une régression économique.
Hittites
Si le culte d'Aton s'éteint avec la mort d'Akhénaton (la 18 année de son règne), l'art égyptien restera, lui, marqué à jamais. Les successeurs d'Akhénaton ayant tout fait pour effacer les traces de ce pharaon hérétique on connait très mal cette période. On ne connaît pas, par exemple, les raisons de la mort d'Akhénaton (maladie? assassinat? suicide?) ni le lien exact de parenté entre lui et son successeur le plus connu (fils? gendre?), le jeune Toutankhamon (qui s'appelait Toutankhaton sous le régne d'Akhénaton). Il existe une hypothèse qui affirme qu'une certaine Kiya serait la mère de Toutankhamon. Une autre femme que Néfertiti est représentée sur une peinture murale dans le palais d'Akhetaton, dans la chambre du pharaon plus précisement. Elle serait peut-être la seconde épouse d'Akhénaton. Cette courte période monothéiste n'aura pas ébranlé les bases de la religion égyptienne, et même si en apparence le peuple s'était tourné vers Aton, il semble qu'il n'ait jamais cessé d'honorer les anciens dieux. Même si on attribue souvent cette révolution culturelle et religieuse à Akhénaton, il semble en fait qu'il n'ait fait qu'imposer une tendance née durant le règne de son père Aménophis III.
Certains pensent qu'Akhénaton avait un physique très ingrat, voire un handicap physique. On le représentait avec une tête énorme et très allongée, des lèvres épaisses et un ventre proéminent. Mais il est difficile de savoir ce qui tient de l'auto-caricature (propre au style de l'art amarnien) et ce qui tient de la réalité. On pense aussi qu'il puisse avoir été atteint d'épilepsie, qui aurait provoqué chez lui de longues crises hallucinatoires et douloureuses. Ce qui étoffe la thèse de sa mort suite à une longue maladie.
épilepsie
Note(s)
En fait, le dieu Aton existe bien avant le règne d'Akhénaton, mais il a apporté tellement de modifications à son culte, qu'on peut le considérer comme un nouveau dieu. En effet Aton est cité dans les textes des pyramides de la V dynastie.
A lire
- le livre "Akhénaton le renégat" de Naguib Mahfouz (auteur égyptien). Court et écrit comme un roman policier il permet de comprendre quels sont les protagonistes de la période du règne d'Akhénaton. Permet également une meilleure visite du musée de Louxor.
- le livre "Akhénaton et son Dieu : pharaon et faux prophète" de Nicholas Reeves.Ce livre de 250 pages permet de retracer dans son ensemble et de manière conçise l'histoire de la XVIIIème Dynastie depuis la chute des Hyksos jusqu'à son dernier pharaon Horemheb en passant bien sûr par l'avènement d'Amenophis IV- Akhénaton. L'auteur nous fait part sans concessions de ses réflexions sur l'ensemble des causes et conséquences du règne de ce pharaon décidemment hors du commun.
Akhenaton
Akhenaton
Akhenaton
ja:アメンホテプ4世
Akhetaton
Akhetaton (l'horizon d'Aton) fut la capitale éphémère de l'Égypte antique durant le règne du pharaon Akhénaton. Elle est située sur le site de l'actuelle Tell el-Amarna. Akhetaton fonde la ville en l'an 9 de son règne, sur un site de moyenne-Égypte encore vierge de tout culte. Toute la cour et l'administration égyptiennes déménagent dans la nouvelle capitale, dont les temples, dédiés au dieu unique Aton, sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d'y pénétrer. Après la chute d'Akhénaton et le retour à l'orthodoxie religieuse (le culte d'Amon), Akhetaton est livrée à l'abandon et ses édifices de pierre servent de carrière.
Catégorie:Index égyptologique
Tell el-AmarnaTell el-Amarna (aussi connu sous le nom d'Amarna ou el-Amarna) désigne en arabe le site archéologique de la ville d'Akhétaton (Égypte antique), situé entre Thèbes et Memphis.
Sur ce site, ont été retrouvées les ruines de l'ancienne capitale construite pour le pharaon Akhénaton de la XVIII dynastie, aux alentours de l'an -1353. Akhetaton signifie « horizon d'Aton » en ancien égyptien.
À cet emplacement, situé entre Thèbes et Memphis, les hautes falaises de la chaîne arabique qui se dressent sur la rive droite du Nil s’écartent du fleuve pour former un hémicycle de 12 kilomètres de longueur ; c’est là qu’à la quatrième année de son règne (vers 1362 av. J.-C.), Akhénaton jeta les fondations de la cité qui sera la capitale de l’empire égyptien pendant un quart de siècle.
La ville fut élevée rapidement en briques crues ; quatre ans après sa fondation, elle était déjà habitée.
Aton
Le site fût découvert en 1887 quand un habitant local creusa pour chercher du sebakh, un engrais naturel, et trouva environ 300 tablettes, les Lettres d'Amarna. Ces tablettes étaient des correspondances écrites du pharaon, rédigées en akkadien.
La dénomination Tell el-Amarna n'est pas très appropriée pour ce site, puisqu'un tell (mot arabe) désigne normalement une cité située en hauteur. L'origine de cette appellation est peut être due au nom d'un village proche, Et Til el Amarna. Le nom, « Amarna », vient d'une tribu nomade, les Beni Amran, qui quittèrent le désert au siècle pour s'installer au bord du Nil dans cette région.
Les fouilles ont révélé l’existance de trois palais, étagés du nord au sud le long du Nil. Au sud, Marou-Aton était un palais de plaisance, agrémenté d’un lac et de beaux jardins. À l’extrémité nord, le palais septentrional paraît avoir été bâti pour satisfaire l’amour porté à la nature par la famille royale : il possédait de vastes jardins, dont le roi semble avoir fait un parc zoologique, ainsi qu’un lac artificiel. Au centre se trouvait le palais officiel.
Le grand temple d’Aton occupait une place centrale, à côté des autres sanctuaires royaux, tous dédiés à Aton. Contrairement aux temples égyptiens habituels, où l’on passe de la lumière à l’ombre profonde du Saint des Saints, le temple d’Aton offrait aux rayons du soleil ses cours à ciel ouvert jusqu’à l’autel couvert d’offrandes.
Lorsque Toutankhamon quitta Akhetaton pour retourner à Thèbes, la cité fut laissée à l’abandon et recouverte par les sables. Outre une architecture religieuse particulière, les trois palais, on a retrouvé plusieurs résidences, un quartier d’ouvriers, l’atelier d’un sculpteur, un dépôt de tablettes cunéiformes. Dans la montagne, les hypogées des nobles et la tombe royale sont encore visibles, quoique très mutilés.
Des fouilles ont été menées par des expéditions anglaises et allemandes. Un des archéologues les plus célèbres du siècle qui travailla sur le site est l'Allemand Karl Richard Lepsius, qui recopia toutes les illustrations et inscriptions, et réalisa une empreinte papier des gravures. Ces documents du siècle sont précieux, car de nombreuses ruines ont ensuite été vandalisées par des paysans locaux, en désaccord avec le Service des antiquités égyptiennes.
Depuis les années 1970, des fouilles s'organisent régulièrement, environ tous les ans. Le docteur en archéologie Barry Kemp de l'Université de Cambridge est un spécialiste du site, et ses expéditions sont soutenues par la Société d'exploration égyptienne (EES).
La cité d'Akhénaton
Service des antiquités égyptiennes
La cité fut construite pour servir de nouvelle capitale au pharaon Akhénaton, dédiée au culte du dieu unique, Aton. La construction commença vers la quatrième année de son règne (entre -1364 et -1346) et se termina probablement durant la neuvième année (entre -1359 et -1341), bien que la cité ne devint capitale que deux années plus tard.
C'est la seule ville de l'Égypte antique dont nous ayons tant de détails sur son plan interne, notamment à cause du fait que la ville fut désertée peu de temps après la mort du pharaon Akhénaton, pour ne plus jamais être occupée. Cependant, à cause de son caractère exceptionnel, des conditions hors du commun dans lesquelles la ville a été créée puis abandonnée, il est difficile de considérer si les informations qu'elle nous apporte étaient représentatives des autres cités égyptiennes.
La cité est divisée en plusieurs grandes parties :
- le Wadi Royal et les tombes ;
- les tombes des nobles, au nord ;
- les tombes des nobles, au sud ;
- le village des ouvriers ;
- la stèle d'Akhénaton.
L'art d'Amarna est unique, de par son réalisme notamment, en rupture complète avec l'art égyptien traditionnellement idéaliste. Les scènes décrites sortent également de la religion, de l'histoire et de la politique en présentant par exemple la famille royale jouant avec ses enfants. Après la fin du culte d'Aton, l'art égyptien reprit sa forme antérieure.
Les principaux monuments d'Amarna sont :
- le grand temple d'Aton ;
- le grand palais royal ;
- la tombe d'Akhénaton ;
- le petit temple d'Aton.
Chronologie de la découverte
- 1714 - Claude Sicard, jésuite français, décrit une première stèle d'Amarna ;
- 1798-1799 - Les corps de savants de Napoléon Bonaparte établissent une carte d'Amarna, publiée dans "Description de l'Égypte" entre 1821 et 1830 ;
- 1824 - Sir John Gardiner Wilkinson explore et cartographie les ruines de la cité antique ;
- 1833 - Le copiste Robert Hay et G. Laver visitent les lieux et découvrent plusieurs des tombes du sud et recopient les gravures, gardées depuis à la British Library ;
- 1843-1845 - l'expédition prusse dirigée par Richard Lepsius établit une topographie d'Amarna au cours de deux visites de 12 jours, dessinant de nombreux schémas et réalisant des empreintes sur papier. Ils publièrent leurs résultats dans le Denkmäler aus Ægypten und Æthiopien entre 1849 et 1913 ;
- 1887 - une cache d'environ 300 tablettes d'argile gravées en cunéiforme est découverte par une femme Amarana : ce sont les Lettres d'Amarna ;
- 1891-1892 - Sir Flinders Petrie étudie le Grand Temple d'Aton, le Palais Officiel, la Maison du Roi et d'autres bâtiments. Il découvre de nouvelles tablettes, des faïences et des verres ;
- 1903-1908 - Norman de Garis Davies publie des descriptions dessinées et photographies des tombes et des stelae d'Amarna ;
- 1907-1914 - La Deutsche Orientgesellschaft de Ludwig Borchardt fouille le nord et le sud de la cité. Ils découvrent, entre autres, le fameux buste de Néfertiti, exposé aujourd'hui dans le Ägyptisches Museum de Berlin. Les fouilles s'achèvent avec le début de la première Guerre Mondiale.
- 1921-1936 - T.E. Peet, Sir Leonard Woolley, Henri Frankfort et John Pendlebury explorent le site, s'axant sur les éléments religieux et royaux ;
- Années 1960 - Des fouilles sont organisées par le Conseil Suprême des Antiquités d'Égypte ;
- 1977 - Barry Kemp dirige les expéditions de l'EES, qui deviennent annuelles ;
- 1980 - une expédition de Geoffrey Martin décrit et recopie les gravures de la Tombe Royale.
Voir aussi
Articles connexes
- Akhénaton
- Néfertiti
- Égypte antique
Liens externes
- [http://www.mcdonald.cam.ac.uk/Projects/Amarna/home.htm Amarna, capitale de l'Égypte antique] - Université de Cambridge ;
- [http://www.mcdonald.cam.ac.uk/Projects/Amarna/Model/Map.htm Modèle de la cité] - carte interactive de la ville ;
- [http://katherinestange.com/egypt/gallery.htm Arts de la période Amarna] - des extraits d'œuvres d'arts datant de la période monothéiste ;
- [http://members.tripod.com/~ib205/budge.html La découverte des tablettes d'el-Amarna]
catégorie:index égyptologique
catégorie:site égyptologique
ja:アマルナ
Akhénaton
Akhénaton est un pharaon de la (Nouvel Empire égyptien).
Nouvel Empire
Fils d'Aménophis III et de la reine Tiyi, il est connu pour avoir imposé la première religion monothéiste connue de l'histoire, le culte du disque solaire Aton. C'est vers 1375 avant l'ère chrétienne que Aménophis IV, couronné sous le nom de Néferkhéperouré Ouâenrê (c'est le nom qu'il porte à cette époque), alors âgé de seize ans, monte sur le trône d'Égypte. Pour des raisons encore mal connues, il décide, après 6 ans de règne, d'imposer une nouvelle religion. Aton devient la personnification du disque solaire source de toute vie. Aménophis IV prend alors le nom de Akhénaton (celui qui est utile à Aton). Il interdit le culte des anciens dieux, et quitte la capitale (Thèbes) pour fonder une cité vierge de présence divine. Il trouve son emplacement en moyenne-Égypte, et en l'année 9 de son règne, fonde la cité de Akhetaton (« l'horizon d'Aton »), situé sur le site de l'actuelle Tell el-Amarna. Toute la cour et l'administration égyptiennes déménagent dans la nouvelle capitale, dont les temples, dédiés au dieu unique Aton, sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d'y pénétrer.
Akhénaton et Néfertiti sont les seuls intermédiaires suprêmes du culte d'Aton.
Le règne d'Akhénaton voit l'émergence de l'art amarnien, qui se caractérise d'une part par le développement d'un art naturaliste où abondent les plantes, les fleurs et les oiseaux, et d'autre part par la représentation plutôt réaliste des personnages poussant parfois même jusqu'à la caricature (l'art traditionnel étant plutôt idéaliste). On prête aussi à Akhénaton des talents de poète. Un chercheur a avancé une hypothèse selon laquelle Akhénaton aurait été atteint d'une maladie génétique rare et transmissible à sa descendance : le Syndrome de Marfan. Apparemment Néfertiti, sa femme, et certaines de ses six filles l'auraient eû aussi, car elles sont représentées de la même manière.
Loin de ce tableau idyllique (et peut-être exagéré par l'imaginaire collectif), le règne d'Akhénaton est aussi considéré par certains comme une période noire dans l'histoire de l'Égypte antique. En effet la révolution religieuse d'Akhénaton aurait entraîné une forte répression contre le clergé d'Amon (fermeture de temples, persécution, confiscation des biens, dégradation des effigies des anciens dieux). Ce qui lui vaudra d'être surnommé le pharaon hérétique. De plus, comme il avait refusé de venir en aide militaire aux alliés de l'Égypte menacés par les Hittites, il aurait entraîné la perte de plusieurs protectorats égyptiens dans le nord. Il semble aussi que, dû à une centralisation excessive, l'Égypte ait subit à cette époque une régression économique.
Hittites
Si le culte d'Aton s'éteint avec la mort d'Akhénaton (la 18 année de son règne), l'art égyptien restera, lui, marqué à jamais. Les successeurs d'Akhénaton ayant tout fait pour effacer les traces de ce pharaon hérétique on connait très mal cette période. On ne connaît pas, par exemple, les raisons de la mort d'Akhénaton (maladie? assassinat? suicide?) ni le lien exact de parenté entre lui et son successeur le plus connu (fils? gendre?), le jeune Toutankhamon (qui s'appelait Toutankhaton sous le régne d'Akhénaton). Il existe une hypothèse qui affirme qu'une certaine Kiya serait la mère de Toutankhamon. Une autre femme que Néfertiti est représentée sur une peinture murale dans le palais d'Akhetaton, dans la chambre du pharaon plus précisement. Elle serait peut-être la seconde épouse d'Akhénaton. Cette courte période monothéiste n'aura pas ébranlé les bases de la religion égyptienne, et même si en apparence le peuple s'était tourné vers Aton, il semble qu'il n'ait jamais cessé d'honorer les anciens dieux. Même si on attribue souvent cette révolution culturelle et religieuse à Akhénaton, il semble en fait qu'il n'ait fait qu'imposer une tendance née durant le règne de son père Aménophis III.
Certains pensent qu'Akhénaton avait un physique très ingrat, voire un handicap physique. On le représentait avec une tête énorme et très allongée, des lèvres épaisses et un ventre proéminent. Mais il est difficile de savoir ce qui tient de l'auto-caricature (propre au style de l'art amarnien) et ce qui tient de la réalité. On pense aussi qu'il puisse avoir été atteint d'épilepsie, qui aurait provoqué chez lui de longues crises hallucinatoires et douloureuses. Ce qui étoffe la thèse de sa mort suite à une longue maladie.
épilepsie
Note(s)
En fait, le dieu Aton existe bien avant le règne d'Akhénaton, mais il a apporté tellement de modifications à son culte, qu'on peut le considérer comme un nouveau dieu. En effet Aton est cité dans les textes des pyramides de la V dynastie.
A lire
- le livre "Akhénaton le renégat" de Naguib Mahfouz (auteur égyptien). Court et écrit comme un roman policier il permet de comprendre quels sont les protagonistes de la période du règne d'Akhénaton. Permet également une meilleure visite du musée de Louxor.
- le livre "Akhénaton et son Dieu : pharaon et faux prophète" de Nicholas Reeves.Ce livre de 250 pages permet de retracer dans son ensemble et de manière conçise l'histoire de la XVIIIème Dynastie depuis la chute des Hyksos jusqu'à son dernier pharaon Horemheb en passant bien sûr par l'avènement d'Amenophis IV- Akhénaton. L'auteur nous fait part sans concessions de ses réflexions sur l'ensemble des causes et conséquences du règne de ce pharaon décidemment hors du commun.
Akhenaton
Akhenaton
Akhenaton
ja:アメンホテプ4世
Polythéisme ja:多神教
Catégorie:Religion Catégorie:Philosophie Catégorie:Philosophie de la religion
Le polythéisme désigne les religions au sein lesquelles coexistent plusieurs dieux.
Ces religions sont aussi parfois qualifiées de "païennes" (en ce qui concerne l'Europe). Le paganisme est polythéiste : il désigne les religions ancestrales indo-européenne. La plupart de ces religions antiques ont subi le joug du monothéisme judéo-chrétien. Néanmoins, le fond "païen" n'est mort qu'en apparence : le christianisme n'est bien souvent qu'un vernis. Etymologiquement, les païens sont les gens "du pays", ceux qui, proches de la terre, ont conservé la religion indigène. La seule religion indo-européenne ayant véritablement survécu sans interruption est l'Hindouisme.
Etant des religions autochtones, locales, ancestrales, polythéisme ne pratiquent pas de prosélytisme. Ce ne sont pas des religions révélées : elles sont surtout basée sur la Nature et sur les traditions orales, contrairement aux monothéismes, religions du désert basée le Livre et prétendant avoir reçu la parole de Dieu.
Liste de religions polythéistes :
- La religion des Romains
- La religion des Grecs
- La religion des Celtes
- La religion des Germains
- La religion des Slaves
- La religion des Baltes
- La religion des Indiens
- La religion des Perses
- La religion phénicienne
- La religion des Egyptiens
- Les religions précolombiennes
- Les religions africaines
Liste de zones et régions polythéistes :
- Europe : Islande, Lituanie.
- Inde,
- chinoise
- Japonaise
- Amérique
- Océanie
- Afrique
Voir aussi
- Théisme
- Panthéisme
- Animisme
- Indo-européens
- Paganisme
Sigmund Freud
Sigmund Freud, né le 6 mai 1856
à Freiberg (Moravie), Autriche-Hongrie — aujourd'hui : Příbor, République tchèque—,
mort le 23 septembre 1939 à Londres, était un neuro-psychiatre autrichien.
On lui doit l'élaboration de la psychanalyse.
psychanalyse
Chronologie
(Remarque : les indications sur les publications sont données à titre indicatif, de nombreux autres textes rédigés par Freud ne sont pas mentionnés, cf. [http://pedagogie.ac-toulouse.fr/philosophie/freudbiblio.htm une bibliographie plus complète])
- 6 mai 1856 : Naissance de Sigismund Schlomo Freud, son père Jakob, marchand de laine et libéral libre penseur, est remarié avec Amalia, ils auront ensemble sept enfants.
- 1860 : Installation de sa famille à Vienne. Sa famille est pauvre et ils vivent nombreux dans un appartement, mais ses parents n’ont pas ménagé leurs efforts pour soutenir son évolution intellectuelle visiblement précoce, en le favorisant même par rapport à ses frères et sœurs. Sigmund est le premier de sa classe six ans sur les huit années de sa scolarité au gymnase Sperl de Vienne. Il y apprend le grec et le latin, son intérêt pour l'archéologie ne le quittera pas.
- 1873 : Entrée à l’Université de Vienne.
- 1876 : Entrée à l'institut de Physiologie d'Ernst Brücke (Histologie du système nerveux).
- 1877 : Abréviation de son nom en Sigmund Freud
- 1878-1879 : Service militaire. Freud traduit le 12e volume des œuvres complètes de Stuart Mill (premières correspondances).
- 1881 (mars) : fin des études universitaires – Docteur en médecine.
- 1882 (avril) : Freud rencontre Martha Bernays, ils se fiancent secrètement.
::Entrée dans le service du professeur de médecine générale Nothnagel, initiateur à Vienne de l’électrophysiologie.
::Josef Breuer le met au courant du traitement d’Anna O. (1880-1882) par la méthode cathartique.
- 1883 : Stagiaire dans le service psychiatrique de Meynert, considéré en son temps comme le plus grand anatomiste du cerveau.
- 1883-1884 : Freud poursuit dans divers laboratoires une série de recherches sur le système nerveux et l'anatomie du cerveau.
::Il est un des premiers chercheurs à travailler sur l’infirmité motrice cérébrale (cerebral palsy).
- 1884 : Freud et son ami Konigstein recherchent les propriétés énergétiques et anti-dépressives de la cocaïne, dont Koller découvrira avant eux le pouvoir anesthésiant.
::Publication de : De la coca
- 1885 : Freud soigne son ami Fleischl par des injections de cocaïne, ce qui l’intoxique gravement.
::Septembre : Grade de privat-docent en neuropathologie.
::Publication de : Contribution à la connaissance de l’action de la cocaïne et de : A propos de l’action générale de la cocaïne.
::Première destruction de ses papiers personnels.
::Travaux publiés sur les encéphalopathies infantiles.
::Travaux avec Joseph Breuer sur l’hystérie.
- 1885 (oct.) – 1886 (fév.) : Voyage à Paris, “élève de médecine” chez Jean-Martin Charcot.
- 1886 (avril) : Ouverture de son cabinet de médecin, il prend la direction du service de neurologie à la clinique des Enfants malades.
::Abandonne l’électrothérapie pour l’hypnose et la suggestion.
- 1886 (sept.) : Mariage avec Martha Bernays (1861-1951). Ils auront six enfants (Mathilde, Jean-Martin, Olivier, Ernst, Sophie, Anna) dans une période de 10 ans entre 1887 et 1896.
- 1886 (oct.) : Conférence à Vienne sur L’Hystérie masculine, conférence particulièrement mal reçue par les autorités scientifiques et médicales. Seul Krafft-Ebing, médecin viennois, le soutient dans ses travaux.
::Publication d’une traduction des Leçons du mardi de Charcot
- 1887 (mars) : Élu membre de la Société Médicale de Vienne
- 1887 (nov.) : Rencontre de Wilhelm Fliess, rhino-laryngologiste berlinois en stage à Vienne, et correspondance complexe qui va durer des années et qui sera considérée comme l’« autoanalyse de Freud ».
::Publication de : Cocaïnomanie et cocaïnophobie.
- 1888 : Publication de : Hystérie
- 1889 : 2e voyage à Paris (Charcot) et à Nancy (Bernheim et Liébault).
::Abandon de l’hypnose dans le traitement de sa patiente Emmy von N.
::Traduction et introduction du livre d’Hippolyte Bernheim (Nancy) De la suggestion et de ses applications à la thérapeutique.
::Début de l’application de la méthode cathartique de Breuer.
- 1890 : Première rencontre de travail avec Fliess à Salzbourg. En le quittant, Freud a un accès de phobie du voyage en train.
- 1891 : Freud s'installe au n° 19 de la rue Berggasse à Vienne.
::Premier livre de Freud, dédié à Breuer, Contribution à la conception des aphasies. Une étude critique.
::Début de la collaboration avec Breuer et correspondance intense avec Fliess à qui il adresse des manuscrits scientifiques.
- 1892 : Traduction du livre de Bernheim : Hypnotisme, Suggestion, Psychothérapie.
- 1893 : Mort de Charcot. Freud écrit une longue notice nécrologique, alors qu’il n’en paraît aucune en France.
::Publication dans « Les Archives neurologiques » d’un article de Freud, écrit de 1888 à 1893, qui avait obtenu l’acceptation de Charcot : Quelques considérations pour une étude comparative des paralysies motrices organiques et hystériques.
::Publication de : Le mécanisme psychique des manifestations hystériques.
::Voyage à Berlin pour voir Fliess. Les deux amis se retrouveront désormais une ou plusieurs fois par an à Berlin ou à Vienne, et dans diverses villes où ils tiendront leurs « congrès » scientifiques privés.
- 1894 - 1904 : Durant cette décennie, Freud présente divers troubles sur lesquels il s’interroge dans la correspondance avec Fliess. Fumeur, il a des troubles névrotiques quand il tente de s’arrêter.
::Il publie cependant une vingtaine d’articles et de livres dans cette période.
- 1895 : Publication des Études sur l’hystérie avec J. Breuer.
::Utilisation de la suggestion (main sur le front du patient qui est incité à se souvenir de son enfance) après l’abandon de la catharsis trop incertaine et dont les effets ne sont pas durables.
::Freud analyse ses rêves et la première interprétation de « L’injection faite à Irma » confirme sa théorie du rêve comme accomplissement du désir.
::Rédaction de lEsquisse pour une psychologie scientifique (inédit jusqu'à sa mort), où Freud tente de réunir les acquis de ses travaux physiologiques et psychologiques en introduisant des notions de quantités d’énergie.
::En analysant ses souvenirs d’enfance, il en vient à découvrir l’hostilité qu’il ressent envers son père (Jakob Freud) et il se souvient de ses sentiments amoureux dans son enfance pour sa mère (Amalia Freud) qui était « attirante, tendre et protectrice ».
- 1896 : Freud se détache définitivement de Breuer qui refuse d'admettre ses conceptions sur la sexualité. Il abandonne progressivement le modèle neurologique de lEsquisse pour se consacrer exclusivement à la constitution d'une psychologie générale.
::Premier emploi du mot « psycho-analyse » par Freud dans un article en français.
::Conférence sur l'étiologie de l'hystérie devant la Société viennoise de psychiatrie et de neurologie : « Le silence qui suivit mes interventions, le vide qui se faisait peu à peu autour de moi, les allusions qui parvenaient à mes oreilles ont fini par me faire comprendre que des déclarations sur le rôle de la sexualité dans l'étiologie des névroses ne pouvaient s'attendre à être accueillies comme les autres communications. J'ai fini par comprendre que je faisais partie dorénavant de ceux qui, selon l'expression de Hebbel, "troublaient le sommeil du monde" et que je n'avais pas à compter sur l'objectivité et la tolérance. » (Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique, p. 89).
::Minna, la sœur de Martha, au décès de son fiancé, vient vivre avec le couple Freud.
- 1897 : Publication du dernier grand travail neurologique Les Paralysies cérébrales infantiles.
::« Personne ne soupçonne le moins du monde que le rêve, loin d'être quelque chose d'insensé, est bien une réalisation de désir. » (Lettre à Fliess, 16 mai, N.P. 177).
::Freud abandonne sa théorie de la séduction précoce par les parents comme origine du traumatisme sexuel refoulé.
::En octobre, il annonce à Fliess sa découverte du complexe d’Œdipe : « J'ai trouvé en moi comme partout ailleurs des sentiments d'amour envers ma mère et de jalousie envers mon père qui sont, je pense, communs à tous les jeunes enfants. (...) S'il en est bien ainsi, on comprend, en dépit de toutes les objections rationnelles, qui s'opposent à l'hypothèse d'une inexorable fatalité, l'effet saisissant d’OEdipe Roi. » (N.P. 198).
- 1899 : Freud abandonne la suggestion dont il fallait ensuite supprimer le refoulement fondé sur la défense du patient contre les évocations critiquables (cf. le Cas Dora). Ainsi naquit la technique demandant au patient d’abandonner toute attitude critique, le thérapeute interprétant ensuite les évocations du patient.
::C’est la règle dite fondamentale, de l’association libre qui permet la libération des affects refoulés. Freud lui donne le nom de psychanalyse.
::Rédaction de la version définitive de L'Interprétation des rêves qu'il achève dans un état d'exaltation. Le livre paraît le 4 novembre et passe à peu près inaperçu.
- 1900 : Dernière rencontre avec Fliess dans le Tyrol.
::Rédaction d'une version abrégée de L'interprétation des rêves (Le rêve et son interprétation, 1901).
- 1901 : Rédaction de Psychopathologie de la vie quotidienne (livre publié en 1904).
- 1902 : Freud est nommé professeur associé.
::Nouveau voyage en Italie avec son frère Alexander.
::Quelques médecins se groupent autour de Freud (Adler, Kahane, Restler et Stekel) qui formeront la première société de psychanalyse : la « Société psychologique du Mercredi ».
::Fin de sa correspondance avec Fliess : la rupture, liée à la dimension transférentielle de sa relation avec Fliess, est motivée par des divergences scientifiques et un débat de priorité sur la question de la bisexualité.
- 1903 : Bleuler, psychiatre zurichois, applique la psychanalyse depuis deux ou trois ans dans ses services à l'hôpital du Burgholzli sous l'impulsion de son principal assistant, C.G. Jung.
- 1905 : Publication de Trois essais sur la sexualité infantile, Le mot d’esprit et sa relation avec l’inconscient et du Cas Dora, qui était rédigé depuis 1899 et dans lequel le concept de transfert apparaît (bien que déjà présent pour la première fois mais non complètement défini dans les Études sur l’hystérie).
- 1906 : Otto Rank se joint à la Société.
::James Putnam publie, dans le premier numéro de la revue américaine Journal of Abnormal Psychology, le premier article en langue anglaise exclusivement consacré à la psychanalyse.
::L’activité psychanalytique se développe en Suisse : avec Bleuler et Carl G. Jung à Zurich.
- 1907 : Seconde destruction de ses papiers personnels.
::Première visite de Jung. Il assiste, début mars, aux travaux de la Société en compagnie d'un de ses élèves, Ludwig Binswanger.
::Freud devient corédacteur d'une nouvelle revue, Zeitschrift für Religionpsychologie et publie, dans le numéro 1, le premier des nombreux textes qu'il consacre à la religion.
::Publication de Délires et rêves dans la Gradiva de Jensen.
::Jung fonde à Zurich la « Société Freud ».
- 1908 : De nouveaux médecins se joignent aux travaux : Ernest Jones (Toronto puis Londres), Karl Abraham (Berlin), Sandor Ferenczi (Budapest).
::Sous l'impulsion de Jung, un Congrès International de Psychanalyse se tient à Salzbourg sous le titre « Rencontre des psychologues freudiens » avec 42 membres de six nations (États-Unis, Autriche, Angleterre, Allemagne, Hongrie, Suisse) qui participent à cette manifestation. Freud y présente une analyse de cas : Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle (L'homme aux rats, 1909).
::Fondation du Jahrbuch (Bleuler et Freud directeurs, Jung rédacteur en chef). C’est dans ce journal qu’apparaissent les premiers signes de la rivalité entre les Viennois et les Suisses, et de l'opposition entre Abraham et Jung sur l'étiologie de la démence précoce que Jung attribue à une cause organique.
::Voyage de Freud en Angleterre chez son demi-frère Emmanuel, en passant par La Haye pour voir les Rembrandt qui lui laissent « une immense impression ».
::Enthousiasme pour Londres où il s'attarde longuement devant les collections d'antiquités du British Museum. Au retour, il s'arrête quelques jours à Zurich pour voir Jung.
::La Société (32 membres) prend le titre de « Société Psychanalytique de Vienne ».
::Abraham fonde la Société psychanalytique de Berlin.
::Parution de La morale sexuelle dans la civilisation et la nervosité moderne, première incursion de Freud en sociologie.
- 1909 : Voyage aux États-Unis en compagnie de Jung et de Ferenczi. Freud est invité par Stanley Hall à prononcer une série de conférences à la Clark University (Massachusetts). (Publication des conférences dans Cinq leçons sur la Psychanalyse).
::Débuts de son amitié avec J.J. Putnam, professeur de neurologie à Harvard.
::Publication de l’Analyse d'une phobie d'un petit garçon de cinq ans (Le petit Hans) et du Roman familial des névrosés.
- 1910 : En mars, second Congrès international de Psychanalyse à Nuremberg, organisé par Jung. La proposition de Ferenczi de désigner Jung comme président de la Société internationale de psychanalyse est vivement rejetée par le groupe viennois. Le conflit se résout quand Freud propose Adler comme président du groupe viennois. Freud devient le directeur d’une nouvelle revue, le Zentralblatt qui doit concurrencer le Jahrbuch de Jung.
::Dans l’été, il accepte de « psychanalyser » Gustav Mahler, en un après-midi de promenade.
::Publication de A propos de la psychanalyse dite sauvage : Freud s'élève contre l'usage abusif ou détourné de la pratique psychanalytique, et de Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci.
- 1911 : Brill fonde la Société psychanalytique de New York, Ernest Jones et J.J. Putman fondent l'Association Psychanalytique Américaine mais Adler se retire car il souligne le rôle de l’agressivité aux dépens de la sexualité et, du Moi aux dépens de l’inconscient, ainsi que Jung, qui a des préoccupations morales et religieuses et qui promeut l’inconscient collectif contre l’inconscient individuel et une interprétation symbolique du complexe d’Œdipe contre son interprétation sexualiste. Du point de vue technique de la cure, ils mettent l’accent sur le conflit actuel plus que sur le conflit passé, et sur des interventions contre les résistances et le transfert qui sont plus moralistes qu’analytiques.
::Au Congrès de Weimar, Freud présente son analyse du Président Schreber.
::L'Association Internationale compte alors 106 membres.
::Publication de Formulations concernant les deux principes du fonctionnement mental (Principe de plaisir et principe de réalité).
- 1912 : Parution de la revue Imago, consacrée aux applications extramédicales de la psychanalyse, dont Freud assume la direction avec Rank, et Sachs.
::A cause de son différend avec Stekel, Freud demande à ses collaborateurs et amis de faire disparaître leurs noms du Zentralblatt qui subsistera quelque temps avant de disparaître. Il est remplacé par l’Internationale Zeitschrift für Psychoanalysis dirigé par Ferenczi, Rank et Jones.
::La parution, en 1912, de la seconde partie du grand livre de Jung, Métamorphoses et Symboles de la Libido accuse des divergences qui n’échappent pas à Freud : Jung élargit le concept de « libido » (qui désigne une sorte de « tension générale », perd ainsi sa spécification fondamentale d'énergie proprement sexuelle) et tend corollairement à faire de l’Œdipe un symbole et une métaphore de tendances supérieures. Ce conflit se précise à l'occasion de conférences données par Jung aux États-Unis, où il cherche à rendre la psychanalyse « plus acceptable ».
::Jones prend l'initiative de fonder autour de Freud, avec son accord enthousiaste, un « Comité » secret de ses plus proches amis et disciples (Ferenczi, Jones, Rank, Sachs, Abraham et Jones), pour défendre sa pensée et veiller sur l'avenir de la psychanalyse.
::En vacances à Rome, Freud rend visite tous les jours au Moïse de San Pietro in Vincoli, sur lequel il à l’intention d’écrire « peut-être un jour quelque chose. »
::Débuts de son amitié avec Lou Andreas-Salomé.
- 1913 : Freud propose à Jung d'interrompre leur correspondance privée après une analyse d’un lapsus de Jung et de reproches blessants de Jung à propos de la névrose de Freud.
::Première réunion du Comité dont Jones prend la présidence. Freud offre à chacun des membres une intaille grecque de sa collection montée en chevalière.
::Après le congrès de Munich, marqué par l’opposition à Jung et suivi par son départ du Jahrbuch, Freud trace le cadre d'un travail qui amorce un des grands tournants de la théorie psychanalytique : Pour introduire le narcissisme (1914), et rédige la préface de Totem et Tabou (paru dans Imago en 1912-1913), où il édifie à partir d'un mythe scientifique - le meurtre originel du père et de la horde - une théorie de la société et de la culture fondée sur la toute puissance des désirs œdipiens et de la culpabilité qui s'y inscrit.
- 1914 : Freud publie sa Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique. « La psychanalyse est ma création : pendant dix ans, j'ai été le seul à m'en occuper, et pendant dix ans c'est sur ma tête que s'abattaient les critiques par lesquelles les contemporains exprimaient leur mécontentement envers la psychanalyse et leur mauvaise humeur à son égard. Je crois même pouvoir affirmer qu'aujourd'hui encore, où je suis loin d'être le seul psychanalyste, personne n'est à même de savoir mieux que moi ce qu'est la psychanalyse, en quoi elle diffère d'autres modes d'exploration de la vie psychique, ce qui peut être désigné par ce terme ou ce qui pourrait mieux être désigné autrement ».
::Jung se démet de ses fonctions de Président de l'Association Internationale, et quittera bientôt l'Association. Abraham est élu Président intérimaire.
::Débuts de la Première Guerre mondiale : Freud réagit par un nationalisme austro-allemand qui se changera progressivement en scepticisme généralisé. Pour la première fois depuis 30 ans, il passe le mois d'août à Vienne. Deux de ses fils, Jean-Martin et Ernst, sont mobilisés.
::L'affluence des auditeurs à ses cours hebdomadaires à l'Université pousse Freud à les développer, puis à les publier en livre. Ces leçons seront les dernières. L'ouvrage qui en sort en 1916-1917, Introduction à la psychanalyse, deviendra vite le plus populaire des travaux de Freud. Il écrit le cas de « L'homme aux loups » (extrait de lHistoire d'une névrose infantile), publié quatre ans plus tard.
::Le Moïse de Michel Ange paraît dans Imago, sans nom d'auteur.
- 1915 : Freud est dans un relatif isolement à cause des hostilités, il travaille davantage et en l'absence de ses principaux collaborateurs, devenus inaccessibles, il parvient à sauver la Zeitschrift et lImago. Le Jahrbuch disparaît dès 1915. Les années de guerre entraîneront progressivement de lourdes restrictions alimentaires, des privations de chauffage et une irrégularité dans la clientèle, aggravée par la dévaluation de la monnaie autrichienne.
::Freud se lance dans la rédaction d'une "Métapsychologie". Il appelait ainsi « un mode d'observation d'après lequel chaque processus psychique est envisagé d'après les trois coordonnées de la dynamique, de la topique et de l'économie », ce qui lui paraissait le but extrême qui soit accessible à la psychologie.
::Sept des douze essais écrits presque d'une traite demeureront impubliés et les manuscrits en seront détruits, Freud ne conservera que Les pulsions et leur destin, Le refoulement, L'inconscient, Deuil et mélancolie.
::Publication de Considérations actuelles sur la guerre et la mort.
- 1917 : Freud se sent fatigué, pense à la mort et fait des efforts pour continuer son travail.
::Freud publie un texte où il explique que la science inflige au narcissisme humain trois humiliations : la première d’ordre cosmologique, par la révolution copernicienne, qui ruine l’illusion selon laquelle la terre occupe la place centrale dans l’univers ; la seconde d’ordre biologique, par l’évolution darwinienne qui abat la prétention de l’homme à s’affirmer autre que l’animal ; la troisième, d’ordre psychologique, par l’inconscient freudien qui contredit l’idée que le Moi est le maître en sa demeure.
- 1918 : « En science, il faut d'abord décomposer puis reconstituer. Il me semble que vous cherchez la synthèse sans analyse préalable. Dans la technique psychanalytique, il n'est point besoin d'un travail spécial de synthèse cela, l'individu s'en charge mieux que nous. » (Lettre à Pfister, 9 octobre 1918).
- 1919 : Au long de l'année, retrouvailles entre Freud et les membres du Comité. La dévaluation croissante de la monnaie pousse Freud à rechercher, parmi les Anglais et les Américains, malgré les difficultés de langue, des patients et des médecins désireux de s'initier à la psychanalyse.
::Naissance du deuxième petit-fils de Freud, Heinerlé, pour lequel il aura toujours une prédilection. Fondation de la maison d'édition psychanalytique, le «Verlag», dirigée par Freud, Ferenczi, Anton von Freund et Rank.
::Freud commence à écrire Au-delà du principe de plaisir (1920), il est nommé professeur ordinaire à l'Université de Vienne : « titre vide de sens ».
- 1920 : Sophie, « notre enfant du dimanche », meurt brutalement à Hambourg d'une pneumonie grippale. Freud et sa femme en sont très affectés.
::Freud remet à sa fille Anna une bague semblable à celle des membres du Comité.
::Freud témoigne devant la Commission chargée d'enquêter sur les plaintes relatives au traitement des névroses de guerre et peut mesurer une fois encore l'agressivité rétrograde des psychiatres viennois envers la psychanalyse.
::Achèvement de Au-delà du principe de plaisir. Rédaction de Psychologie collective et analyse du moi (1921). Elaboration de la seconde topique (Le Moi, le Ça, le Surmoi), qui se substitue et se superpose à la première (inconscient, préconscient, conscient). Développement de la personnalité et dynamique des conflits sont interprétés comme des défenses du Moi contre des pulsions et des émotions plutôt que comme des conflits de pulsions, les pulsions en cause ne sont plus les seules pulsions sexuelles mais aussi des pulsions agressives.
::Ce qui induit des conséquences importantes sur la pratique de la cure.
- 1921 : « Le 13 mars de cette année, je suis entré brusquement dans la véritable vieillesse. Depuis, la pensée de la mort ne m'a pas quitté, et quelquefois j'ai l'impression que sept de mes organes internes se disputent l'honneur de mettre fin à ma vie. (...) Malgré tout je n'ai pas succombé à cette hypocondrie mais je la contemple avec détachement, un peu comme pour les spéculations dAu-delà du principe de plaisir. » (Lettre à Ferenczi, 8 mai)
- 1922 : Anna Freud et Lou Andreas-Salomé sont admises comme membres de la Société Viennoise.
- 1923 : Débuts de la correspondance avec Romain Rolland.
::Première manifestation du cancer de la mâchoire dont Freud mourra treize ans plus tard.
::Felix Deutsch cache à Freud la nature de son mal. Première opération, mal réussie, par le docteur Hejek.
::Mort de Heinerlé, le petit-fils favori de Freud. Freud se dit désormais indifférent à tout.
::Deuxième opération, par Hans Pichler. Freud désormais portera une énorme prothèse, « le monstre », qui sépare la bouche de la cavité nasale. Cet appareil, maintes fois transformé, modifie son élocution, lui | | |