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Croix Ansée

Croix ansée

L'ankh est le hiéroglyphe représentant le mot ʿnḫ, qui signifie « vie ». Les dieux peuvent le tenir par la boucle, ou en porter un dans chaque main, les bras croisés sur la poitrine. Ce symbole était appelé crux ansata en latincroix ansée »). Les égyptologues ignorent encore ce que ce dessin matérialise. Certains ont supposé qu'il était un utérus stylisé. Cette hypothèse n'a pas remporté un franc succès. Alan Gardiner a imaginé qu'il s'agissait de la courroie d'une sandale, avec la boucle contournant la cheville. Le mot désignant la courroie de sandale s'écrit également ʿnḫ même s'il se prononçait peut-être différemment. Lankh apparaît fréquemment dans l'art égyptien, en particulier dans les peintures des tombes ; il apparaît souvent au bout des doigts d'un dieu ou d'une déesse, dans des images montrant les divinités de l'au-delà faisant le don de vie à la momie de la personne défunte. Ce symbole était souvent porté comme amulette par les Egyptiens, soit seul, soit en association avec deux autres hiéroglyphes signifiant « force » et « santé ». Les miroirs étaient souvent faits en forme d'ankh. Un symbole similaire (♀) était utilisée pour représenter la déesse romaine Vénus. Connu sous le nom de miroir de Vénus, il est plus souvent associé à l'utérus. En astrologie, il représente la planète Vénus, et en alchimie l'élément cuivre ; en biologie, il identifie le sexe féminin. L'ankh est largement utilisé dans la culture populaire, comme un moyen de communiquer instantanément avec une histoire lointaine, de mystérieuses forces vitales et/ou une magie spirituelle. Utilisé couramment comme logo qui rappelle l'Égypte antique, il est largement exploité lors d'évènements alternatifs tels que « Burning Man ». L'ankh sert également à des groupes afro-américains à faire revivre par leur interprétation l'ancienne religion de Kemet, l'Égypte noire. En Unicode, le signe ankh s'écrit U+2625 (☥). Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Mythologie égyptienne Catégorie:Symbole

Hiéroglyphe

Catégorie:Écriture Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Symbolique Catégorie:Hiéroglyphe Catégorie:Ancien égyptien Catégorie:Ancien égyptien] Un hiéroglyphe est la représentation graphique d'un caractère du système d'écriture de l'Égypte antique servant à noter la langue égyptienne.

Définition

Le mot hiéroglyphe est formé à partir du mot grec ἱερογλύφος / hieroglúphos, composé à partir des racines grecques ἱερός / hierós (« sacré ») et γλύφειν / glúphein (« graver »). Les Grecs nommèrent ainsi l'écriture égyptienne qu'ils rencontrèrent gravée sur les parois des monuments (stèles, temples et tombeaux). Le mot ἱερογλύφος désignait en grec « celui qui trace des hiéroglyphes » et non les hiéroglyphes eux-mêmes, qui se disaient τὰ ἱερογλυφικά (γράμματα) / tà hierogluphiká (grámmata), c'est-à-dire « les (lettres) hiéroglyphiques ». Hiéroglyphe provient du reste de l'adjectif hiéroglyphique. Ces mots nous ont été transmis par le latin. Les Égyptiens de l'Antiquité, eux, nommaient leur écriture Medouneter (« les paroles divines ») soit, en transcription scientifique mdw nṯr : R8-S43-Z3 Par extension, on qualifie souvent de hiéroglyphique une écriture utilisant le principe logographique propre à celle des Égyptiens. Ainsi, on parle de hittite hiéroglyphique. Il est cependant incorrect de dire des caractères chinois qu'ils sont des hiéroglyphes.

Histoire et évolution

On fait remonter l'apparition des premiers hiéroglyphes vers 3500 av. J.-C. D'abord exclusivement figurative, l'écriture hiéroglyphique s'enrichit avec le temps de signes en rendant la lecture symbolique. Alors qu'il existe environ 700 hiéroglyphes à l'époque archaïque, on n'en dénombre pas moins de 5000 à l'époque la plus tardive (époque gréco-romaine). Quelle que soit leur fonction, les hiéroglyphes sont tous figuratifs, c'est-à-dire qu'ils représentent quelque chose de tangible, assez souvent facilement reconnaissable, même pour quelqu'un qui en ignore le sens d'utilisation. Les égyptiens de l'Antiquité ont puisé les dessins des hiéroglyphes dans leur environnement : objets du quotidien, animaux, plantes, parties du corps. Les détails nécessaires à la différenciation de tel ou tel hiéroglyphe (par exemple reconnaître deux oiseaux différents) étaient cependant tellement importants qu'ils limitèrent leur utilisation aux domaines où l'esthétique avait une grande importance (fresques, textes officiels). Une version simplifiée des hiéroglyphes vit donc rapidement le jour, ce sont les hiéroglyphes linéaires. Ils conservent leurs aspects représentatifs, mais réduisent le nombre de traits au minimum pour que l'on puisse les écrire plus rapidement et plus facilement sur des surfaces autres que la pierre. Pour rédiger les nombreux rapports nécessaires à la vie économique de l'Égypte antique, les scribes eurent recours à une version cursive des hiéroglyphes encore plus simplifiée, qui leur fit perdre du coup leur aspect figuratif. C'est le hiératique. hiératique L'écriture hiéroglyphique a été utilisée pendant 3400 ans pour les textes monumentaux, essentiellement religieux et politiques. Le hiératique, écriture de la vie courante, a été détrônée à l'époque saïte où le démotique a pris le dessus. L'écriture hiératique n'a alors plus été utilisée que pour noter les textes anciens (essentiellement religieux), en concurrence avec les hiéroglyphes. C'est à l'époque Ptolémaïque que, peu à peu, le grec a remplacé le démotique comme langue administrative ; à partir de 146 av. J.-C. les contrats écrits uniquement en démotique ont perdu leur valeur légale. Le dernier nom de pharaon écrit en hiéroglyphes se trouve dans le temple d'Esna et date de 249 ap. J.-C. La dernière inscription hiéroglyphique connue est datée du 24 août 394, et se trouve au temple de Philae. Le copte, langue issue de l'égyptien, est encore utilisé de nos jours mais uniquement comme langue liturgique. Bien qu'assez éloigné de la langue des pharaons, c'est cependant son unique descendant. Il s'écrit au moyen de l'alphabet copte, graphie particulière de l'alphabet grec auquel on a ajouté quelques signes tirés de la démotique pour en combler les lacunes. Si l'écriture égyptienne n'est aujourd'hui plus utilisée pour noter quelque langue moderne que ce soit, il faut noter que c'est elle qui aurait inspiré l'ancêtre possible de la grande majorité des écritures du Monde, hormis l'Extrême-Orient, via le proto-sinaïtique, alphabet tiré de formes simplifiées de hiéroglyphes.

Le système d'écriture

Les hiéroglyphes sont tous, ou peu s'en faut, figuratifs : ils représentent des éléments concrets et tangibles, souvent stylisés et simplifiés, qui peuvent cependant ne plus être compris comme tel car les égyptologues ne peuvent pas déterminer pour chaque hiéroglyphe ce qu'il désigne. Pour certains, c'est cependant très évident. Champollion, que beaucoup considèrent comme le père de l'égyptologie et le déchiffreur des hiéroglyphes, donne une très bonne définition du système hiéroglyphique : :« C'est un système complexe, une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot. », Champollion, Lettre à M. Dacier, 27 septembre 1822. En effet, un même caractère peut, selon le contexte, être interprété de diverses manières, que l'on peut regrouper en deux types de lectures : la lecture phonétique (le caractère note principalement un ou des sons et non un sens seul) et la lecture sémantique (il donne un sens, parfois sans lien avec quelque son que ce soit). Note : dans les parties qui suivent, les hiéroglyphes seront transcrits selon la notation scientifique détaillée dans l'article consacré. Le lecteur s'y reportera pour en comprendre le fonctionnement parfois déroutant.

Lecture phonétique

article consacré On l'a dit, la lecture phonétique constitue la majorité des cas. On lit le caractère indépendamment de son sens, selon le principe du rébus. Il fournit un certain nombre de consonnes : une (signes dit unilitères, qui constituent le pseudo-alphabet hiéroglyphique ; voir plus bas), deux (signes bilitères) ou trois (trilitères), selon les hiéroglyphes et, parfois, selon le contexte. On peut approximativement chiffrer le nombre de caractères servant (pas exclusivement) de phonèmes :
- 30 unilitères ;
- 80 bilitères ;
- 50 trilitères. Il faut donc bien noter que les hiéroglyphes s'apparentent à un abjad et ne notent pas les voyelles, ou du moins pas de manière directe. Les hiéroglyphes constituent une écriture défective. Par exemple, l'hiéroglyphe représentant un canard se lit z3 car telles étaient les consonnes du mot pour désigner cet animal. On peut cependant utiliser le signe du canard sans rapport avec le sens pour représenter les phonèmes z et 3 à la suite (indépendamment des voyelles qui pourraient s'intercaler entre ces consonnes) et ainsi écrire des mots comme z3, « fils » ou, en complétant avec d'autres signes phonétiques et autres qu'on détaillera plus loin, z3w, « surveiller », z3ṯ.w, « terre ferme » :
-
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L'« alphabet » hiéroglyphique

Ainsi, on peut obtenir une sorte d'« alphabet » hiéroglyphique, qui, cependant, n'a jamais été utilisé comme tel en remplacement des autres hiéroglyphes, bien que c'eût été possible : en effet, tous les mots égyptiens pourraient être écrits au moyen de ces seuls unilitères. Les Égyptiens, cependant, n'ont jamais franchi le pas de la transformation de leur écriture complexe en alphabet : seuls quelques mots s'écrivent exclusivement ainsi. Le pseudo-alphabet égyptien est donc composé de caractères ne notant qu'une seule consonne bien qu'à l'origine ils aient pu en transcrire plus et que ce soit le cas quand on désigne ce qu'ils représentent. Cet « alphabet » est constitué de signes très fréquents. Le voici dans l'ordre alphabétique des dictionnaires et les grammaires :
Image:Pseudo_alphabet_hieroglyphique.png

Les compléments phonétiques


-
- La présence de compléments phonétiques permet de savoir quelle lecture suivre :
- st :
  -
  -
- ws :
  -
- ḥtm :
  -
  - Enfin, il arrive parfois que des mots aient changé de prononciation entre l'ancien égyptien et le moyen égyptien : dans ce cas, il n'est pas rare que l'écriture adopte un compromis dans la notation phonétique : les deux lectures sont indiquées conjointement. Par exemple, l'adjectif bnj, « doux » est devenu bnr.

Lecture sémantique

Outre une interprétation phonétique, les caractères peuvent être lus pour leur sens : on parle de sémogrammes. On doit distinguer plusieurs cas de figure.

Logogrammes

Un hiéroglyphe utilisé comme logogramme (signe unique notant un mot) désigne ce qu'il représente directement (les logogrammes sont donc le plus souvent des noms) ; dans ce cas, l'hiéroglyphe est souvent accompagné d'un trait vertical muet indiquant sa valeur de logogramme (l'utilisation du trait vertical est détaillée plus bas) ; en théorie, tout hiéroglyphe pourrait servir de logogramme. Ils peuvent être accompagnés de compléments phonétiques. Voici quelques exemples :
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-
- Dans quelques cas, le rapport sémantique est indirect (métonymique ou métaphorique) :
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Déterminatifs

Entrent dans la catégorie des sémogrammes les déterminatifs, caractères muets servant à préciser le domaine sémantique du mot, à préciser son sens : les cas d'homophonies étant très fréquents (d'autant plus que seules les consonnes sont écrites), le recours aux déterminatifs est primordial. Les caractères servant de déterminatifs peuvent aussi jouer le rôle de logogrammes ou de phonogrammes. Les déterminatifs se placent le plus souvent en fin de mot. On peut se représenter ce procédé à celui qui consisterait à faire suivre les mots d'un indice qu'on ne lirait pas pour préciser leur sens : « vers [poésie] » et « vers [animal] » seraient ainsi distingués. Voici quelques exemples d'utilisation des déterminatifs empruntés à l'ouvrage Je lis les hiéroglyphes de Jean Capart permettant d'illustrer leur importance dans l'interprétation des homophones :
- Le mot possède deux déterminatifs :
-
-
-
- Notons que le dictionnaire du vieil égyptien de Carl Richard Lepsius compte 113 mots se lisant nfr.

Exemple de la richesse de caractères

[En préparation]

Sens de lecture

Le point suivant à connaître est le sens dans lequel on doit lire les hiéroglyphes : ceux-ci s'écrivent indifféremment de la droite vers la gauche ou de la gauche vers la droite. Le lecteur, pour connaître le sens de lecture, doit considérer la direction dans laquelle sont tournés les hiéroglyphes asymétriques : c'est la direction de départ. Par exemple, quand les figures humaines et les animaux, facilement repérables même par le profane, sont tournés vers la gauche, c'est qu'il faut lire de gauche à droite, et inversement. D'autre part, les mots ne sont pas séparés ; certains signes apparaissant cependant surtout en fin de mot, il est parfois possible de les distinguer par ce biais. Seule la connaissance de la langue et de sa syntaxe permet de découper un texte en mots.

Le quadrat

Les hiéroglyphes ne sont cependant pas écrits de manière entièrement linéaire : ils doivent, en effet, se répartir harmonieusement dans un carré virtuel (c'est-à-dire non tracé), ou quadrat (aussi écrit cadrat), à la manière de celui des sinogrammes. À la différence des sinogrammes, cependant, tout caractère ne remplit pas entièrement le quadrat : On doit donc procéder à divers aménagements de l'espace en superposant les signes. Ainsi, dans un texte écrit de gauche à droite, on lit en réalité l'enchaînement des quadrats de gauche à droite et les signes constituant un quadrat de gauche à droite et de haut en bas. Cette répartition en quadrats permet d'autre part l'écriture verticale : dans ce cas, les quadrats sont simplement empilés les uns sur les autres.

Contraintes calligraphiques et religieuses

Il existe plusieurs contraintes calligraphiques qu'il faut connaître, dont voici les principales : # les caractères doivent se répartir en quadrats (voir plus haut) ; # pour éviter que des quadrats soient incomplets, on inverse parfois des signes afin de rendre l'ensemble plus compact. De même, on choisit avec soin les compléments phonétiques, fussent-ils redondants ; # on inverse parfois les hiéroglyphes d'oiseaux tenant en un quadrat suivis d'un signe d'un quart de quadrat de façon à ce que l'oiseau soit après le petit caractère, qui occupera alors tout le quadrat ; # on peut omettre des signes, surtout ceux notant les phonèmes 3 et j ; # les signes désignant les dieux sont placés en tête d'énoncé, de syntagme ou de mot composé, par déférence. Dans tous les cas, même si les hiéroglyphes sont inversés, la lecture, elle, n'en tient pas compte, ce qui constitue l'une des difficultés pour la transcription.

Signes annexes

Trait de remplacement
transcription Les caractères offensants, funestes, tabous, rares ou complexes peuvent être remplacés par un trait :
Cartouche
D'autre part, on place dans un cartouche les noms de dieux et de rois :
Trait de remplissage
On fait usage du trait de remplissage pour terminer un quadrat qui serait, sinon, incomplet.
Signes agglutinés
Il existe des signes qui sont la contraction de plusieurs autres. Ils ont cependant une existence propre et fonctionnent comme de nouveaux signes.
Redoublement
Le redoublement d'un signe indique son duel, le triplement son pluriel.
Signes grammaticaux

- Le trait de lecture pictographique ;
- Les deux traits du duel et le trois de pluriel ;
-

L'orthographe

La notion d'orthographe pour l'écriture hiéroglyphique est assez différente que celle touchant les écritures latines. On trouve :
- les omissions de graphèmes : bien qu'elles soient souvent intentionnelles;
- les substitutions d'un graphème par un autre : mais il est parfois difficile de reconnaître les fautes des orthographes « alternatives »;
- les erreurs ou omissions dans le tracé : d'autant plus problématique que l'écriture est cursive. Le problème de l'orthographe, c'est surtout posé pour l'écriture hiératique ou la schématisation extrême des images rend chaque trait d'autant plus important (surtout au regard du très grand nombre de glyphes).

Divers


- code ISO 15924 : Egyp
- Lexique d'égyptien hiéroglyphique

Annexes

Articles connexes


- Système d'écriture dérivés :
  - hiératique ;
  - démotique ;
- Pour en savoir plus :
  - transcription des hiéroglyphes ;
  - translittération des hiéroglyphes ;
  - lexique d'égyptien hiéroglyphique ;
  - grammaire d'égyptien hiéroglyphique ;
  - tracé des hiéroglyphes ;
  - classification des hiéroglyphes ;
  - exemples de Hiéroglyphes ;
- Égypte antique ;
- pictogramme, idéogramme, logogramme ;
- écriture ;
- SignWriting
- module d'insertion de hiéroglyphes dans les articles de Wikipédia.

Liens externes


- [http://www.lib.uchicago.edu/cgi-bin/eos/eos_page.pl?DPI=100&callnum=PJ1135.C45&ident=1 Grammaire égyptienne de Champollion en ligne] (Édition 1836)
- [http://aoineko.free.fr/ Convertisseur] ja:ヒエログリフ ko:이집트 상형문자 th:เฮียโรกลิฟ


Vie

La vie est le nom donné à : #un phénomène empirique particulièrement important pour les humains (qui sont eux-même vivants et pour qui les autres êtres vivants ont une place essentielle), mais qui ne se laisse pas facilement définir (cf. infra). Ce phénomène s'oppose à la notion de matière inerte, et s'articule avec la notion de mort. #une étendue temporelle, entre la naissance et la mort. #le contenu en événements ou en actions de cette étendue temporelle, pour un humain. mort,peinture de Hans Baldung]]Une des marques de l'hominisation est l'existence de rites funéraires, et donc d'une conscience d'une transition entre la vie et la mort. La vie est un concept primordial qui a donné lieu depuis des temps immémoriaux à de nombreuses réflexions empiriques, philosophiques, scientifiques, etc. C'est également un sujet de débat politique, qu'il s'agisse du traitement accordé aux êtres vivants par rapport aux humains et aux choses inertes (cf. écologisme) ou des considérations sur le début et la fin de la vie humaine (cf. avortement, euthanasie, « vie éternelle »). Ces réflexions concernent :
- la catégorie statique (par opposition à la matière « inerte » ou à l'état de mort) ;
- le concept d’évolution (passage de la matière inerte à la vie, développement et dissolution des formes vivantes, mort, création, etc.). Elles sont toujours liées aux notions d'esprit et d'intelligence. Elles débouchent également sur des réflexions sur l'étendue temporelle et spatiale de la vie (y compris dans l'univers : « vie extraterrestre » ). Elles s'interrogent à la fois sur les conditions d'apparition de la vie (phénomène unique ou au contraire très banal) et sur la possibilité d'une vie évoluée (par comparaison à l'humanité, implicitement considérée comme l'achèvement de l'évolution de la vie terrestre) au sein de l'univers. En science, l'étude de la vie a été appelée biologie. Elle s'est avérée être un développement de la chimie, plus spécifiquement de la chimie organique (à base de carbone), mais les théoriciens n'excluent pas d'adopter des définitions pouvant inclure des formes mécaniques ou électromécaniques, et même des formes créées par l'homme hors de tout processus reproductif naturel (« vie artificielle » ou cellule artificielle).

Définitions scientifiques de la vie

La vie comme propriété d’un organisme vivant

La période s’étendant de la conception à la mort d’un organisme singulier et individuel. L’organisme est l’objet d’un processus de développement, la vie, qui le conduit en général par étapes d’un état embryonnaire à l’adulte et à la mort. La graine, le spore, le spermatozoïde ou l’ovule sont aussi des formes du vivant, bien qu’ils n’aient en eux-mêmes ni la forme ni les caractéristiques des êtres vivants qu’ils vont devenir. Il est ainsi difficile d’isoler totalement la vie d’un individu de la lignée à laquelle il appartient. Le vivant naît du vivant : nous ne connaissons pas de vivant émergeant de l'inerte, ce qui rend difficile la reconstitution des étapes prébiotiques.

Caractéristiques biologiques d’un être vivant

Ou comment peut-on affirmer qu’une entité est « vivante » ? En biologie, une entité est traditionnellement considérée comme vivante si elle présente les phénomènes suivants au moins une fois durant son existence : # Développement ou croissance : l’entité grandit ou mûrit jusqu’au moment où elle devient capable de se reproduire ; # Métabolisme : consommation, transformation et stockage d'énergie ou de masse; croissance en absorbant de l’énergie ou des aliments présents dans son environnement ou en réorganisant sa masse, par production d’énergie, de travail et rejet de déchets ; # Motricité externe (locomotion) ou interne (circulation) ; # Reproduction : pouvoir de créer de façon autonome d'autres entités similaires à soi-même. # Réponse à des stimuli : pouvoir de détecter des propriétés de son environnement et d'agir de façon adaptée. Discussion sur ces critères :
- Ils ne sont pas tous satisfaits en même temps pour un individu particulier : il faut parfois considérer la lignée ou l’espèce pour qu’ils coexistent (les hybrides stériles sont des êtres vivants) ;
- En isoler un ou deux peut conduire à des conclusions erronées : le feu (combustion) assimilable à une digestion, car ce sont deux processus d’oxydation, ne transforme pas le feu en être vivant ;
- Parfois, un critère manque : les virus ne grandissent pas, mais certains les considèrent comme vivants puisqu’ils contiennent de l’ADN et sont munis de mécanismes (transcription d’ADN en ARN) provoquant leur reproduction dans les cellules hôtes ;
- D’autres fois encore, c’est une seule propriété qui est présente et qui se transmet à d’autres entités, comme un mime de la fonction de reproduction (le prion est une protéine, conformée en miroir par rapport à la protéine normale, qui transmet sa propriété pathogène aux autres protéines), etc. D’où le besoin, éprouvé par les biologistes, de compléter ces caractéristiques pour réduire ces ambiguïtés : # Les organismes vivants contiennent des molécules telles que : des hydrates de carbone, des lipides, des acides nucléiques et des protéines, toutes à base de carbone ; mais on peut y voir une vision biaisée parce que carbocentrique de la vie. Des formes de vie pourraient en théorie être fondées sur le silicium, mais celui-ci ne présente pas l’étonnante variété de formes et de propriétés du carbone ; # Les organismes vivants se maintiennent grâce à l'homéostasie ; mais certains réacteurs chimiques aussi ; # Les organismes vivants sont composés au moins d'une cellule, c’est-à-dire d’une membrane fermée, séparant un intérieur et un extérieur ;

Autres définitions de la vie


- Par Francisco Varela et Humberto Maturana, largement utilisée par Lynn Margulis. Une entité est vivante si :
  - elle peut se reproduire elle-même ;
  - elle est basée sur l'eau ;
  - elle produit des lipides et des protéines (?) ;
  - son métabolisme est basé sur le carbone ;
  - elle se réplique grâce à des acides nucléiques ;
  - elle possède un système permettant de « lire » des protéines.
- « Un système de rétrocontrôles négatifs inférieurs subordonnés à un rétrocontrôle positif supérieur » ([http://www.mol.uj.edu.pl/~benio/cyber_def_life.pdf J. theor Biol. 2001])
- Tom Kinch définit la vie comme un système autophage, hautement organisé, émergent naturellement des conditions ordinaires sur les corps planétaires et qui consiste en une population de réplicateurs capables de muter.
- Dans L'aventure du vivant, le biologiste Joël de Rosnay énumère trois propriétés fondamentales : ::L'autoconservation, qui est la capacité des organismes à se maintenir en vie par l'assimilation, la nutrition, les réactions énergétiques de fermentation et de respiration ; ::L'autoreproduction, leur possibilité de propager la vie ; ::L'autorégulation : les fonctions de coordination, de synchronisation et de contrôle des réactions d'ensemble. ::Il faut ajouter à ces trois propriétés la capacité des êtres vivants à évoluer.

Définitions philosophiques de la vie

Idéalisme et matérialisme

Deux grands groupes de définitions sont discutées depuis les débuts de la philosophie : les conceptions idéalistes qui s’appuient sur une séparation plus ou moins nette entre la matière et la vie (cf. la définition phénoménologique, ci-après) et les conceptions matérialistes qui supposent la vie comme une des manifestations émergentes de la matière. Historiquement, on peut distinguer deux thèses, sans qu'il soit possible de déterminer si l'une est antérieure à l'autre, d'autant qu'elles peuvent faire l'objet de synthèses variées (les deux thèses cohabitant à des degrés divers au sein de théories plus sophistiquées). On les retrouve dans la pensée grecque antique. Selon les thèses dites dualistes, la vie est conçue comme fondamentalement différente de la matière : il y a du vivant (spirituel) et de l'inerte (matériel et énergie) comme il y a du fer et de l'eau. La seule difficulté, c'est de « purifier » et « d'isoler » (au sens quasiment chimique) le vivant de l'inerte, séparation d'autant plus difficile qu'elle est, par définition, inaccessible aux méthodes exclusivement matérielles. Ces thèses font appel à des notions diverses : l’âme, le souffle vital, l’élan vital, etc. Cette séparation a donné lieu à diverses théories, comme celle de la génération spontanée, encore vivaces au temps de Pasteur. Selon les thèses monistes, au contraire, la vie est une manifestation de la matière, une propriété émergente qui apparaît spontanément dans certaines conditions. Il est alors possible de faire varier la définition de la vie selon les conditions qu'on considère comme caractéristiques, ce qui introduit des marges de faux débats (les contradicteurs croyant discuter sur le concept de vie alors que, en adoptant des critères différents, ils s'interdisent a priori tout accord) même si en pratique seuls les objets en marge sont sujet à discussion (les microbes, les virus, les prions, le feu, ...). La pensée scientifique moderne relève de ce type de thèse, en particulier suite aux expériences de Pasteur sur la stérilisation : tant qu'on n'a pas démontré la nécessité de postuler une dualité, il convient de s'en tenir à l'hypothèse moniste. Même si les étapes de l’apparition de la vie, ou de l'organisation des êtres vivants, restent à expliquer, les lois chimiques connues sont pour l'instant suffisantes. Les recherches sur les conditions matérielles originelles de notre planète, avec l’espoir de parvenir à croiser ces informations avec celles existant sur d’autres planètes, nous donneront peut-être un jour un ou des scénarios convaincants du passage de la matière inerte à la vie.

Une définition phénoménologique

Le philosophe Michel Henry définit la vie d'un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s'éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. Une « force subjective » n’est pas une force impersonnelle, aveugle et insensible comme le sont les forces objectives que l’on rencontre dans la nature, mais une force vivante et sensible éprouvée de l’intérieur et résultant d’un désir subjectif et d’un effort subjectif de la volonté pour le satisfaire. Il établit également une opposition radicale entre la chair vivante douée de sensibilité et le corps matériel, qui est par principe insensible, dans son livre Incarnation, une philosophie de la chair. Le mot « phénoménologique » se réfère à la phénoménologie, qui est la science du phénomène et une méthode philosophique qui se réduit à l'étude des phénomènes tels qu'ils apparaissent. Ce que Michel Henry appelle la « vie phénoménologique absolue » est la vie subjective des individus réduite à sa pure manifestation intérieure, telle que nous la vivons et que nous la sentons en permanence. C'est la vie telle qu'elle se révèle elle-même et apparaît intérieurement, son auto-révélation : la vie est à la fois ce qui révèle et ce qui est révélé. Pour davantage de précisions sur la vie phénoménologique, voir l'article sur la Philosophie de la vie, ainsi que celui sur la Vérité (partie consacrée à la Vérité de la Vie).

Voir aussi


- Mort
- Demi-vie
- De la brièveté de la vie, Sénèque catégorie:biologie catégorie:philosophie ms:Benda hidupsimple:Lifezh-cn:生命

Latin

Introduction

Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties. Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux. Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs). Le latin est la langue-mère des langues romanes.

Histoire

Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.

Latin médiéval

On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron. De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.

Le latin, langue vivante

Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction. La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux. Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine. Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin. Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain. Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue. Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi: - Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ? - Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon. - Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt. On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.

Le latin et l'Union Européenne

Assimil Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).

Classification

Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.

Répartition géographique

Statut officiel

Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.

Langues dérivées

Les langues romanes sont dérivées du latin.

Ecriture

Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes : Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.

Prononciation

Prononciation ancienne restituée

On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec). Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.

Prononciations modernes

[En préparation]

Grammaire

Morphologie

La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines. On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires. La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines. Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).

Pronoms personnels

La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.

Lexique

Le latin et les autres langues indo-européennes


- Le vocabulaire commun Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs. AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS. à compléter...

Que devient le latin quand il se fait français ?

Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE. Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra. On en perd forcément son latin.

Exemples

Voir aussi

Liens internes


- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
  - Langues par famille
    - Langues indo-européennes
      - Langues italiques
      -
- langues romanes
- Méthode latine ;

Liens externes


- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte Catégorie:Langue liturgique Catégorie:Langue véhiculaire als:Latein ja:ラテン語 ko:라틴어 simple:Latin language th:ภาษาละติน zh-min-nan:Latin-gí

Croix (symbole)

Le terme « croix » vient du mot latin crux qui a le sens de « poteau », « gibet », voir « potence ». Le terme grecque pour désigner le même objet est stauros, dérivé lui de la lettre tau.
Le terme perdit son sens morbide avec le culte de la croix par les chrétiens. Mais en latin, le verbe cruciare signifie « torturer ». Le Robert historique de la langue française donne comme définition :
Du latin crux, crucis, désignant plusieurs sortes d'instruments de supplice : le pal, la potence, la croix. L'usage de cette dernière apparaît à l'époque des guerres puniques
- (264-141 av. J.C.). Le supplice de la croix était réservé aux esclaves, puis à ceux, malfaiteurs et voleurs, qui n'avaient pas le titre de citoyens romains. Dès Plaute (254-184 av. J.C.), crux est courant en latin et entre dans des locutions proverbiales ; il prend le sens de «torture morale» et, par métonymie
  - , désigne le tourmenteur. La langue de l'Église l'utilise pour désigner la croix du Christ. Le culte de la croix apparaît chez les premiers fidèles, mais ne figurent pas sur leurs monuments avant le Ve s., sinon sous les formes cryptées du T, de l'X ou de l'ancre.
[http://www.freeminds.org/foreign/Lacroix.htm Cet article] traduit du numéro de mars/avril 1986 du Bethel Ministries Newsletter donne un très bon descriptif de la signification et de l'histoire de la croix chrétienne.

Définition

La croix est un symbole en forme d'intersection, formée de deux lignes ou plus.
La région est une zone définie par l'intersection (il y a ainsi en général 4 régions).
- croix latine ou « christique » (le second terme est peu usité)
- croix en tau ou de saint Antoine
- croix de Saint-André
- croix de saint Pierre (croix latine inversée)
- croix basque
- croix celte
- croix papale
- croix grecque (les branches sont de même longueure et se croisent en leur milieu)
- croix éqyptienne ou ansée
- croix fleur-de-lysée
- croix fourchée ("Y", croix en tau dont la branche supérieure est brisée vers le haut)
- croix pointue trois pattes plaine et une pointe/pique vers le bas)
- croix potencée
(croix grecque avec des tau aux extrémités de chaque branche)
- croix ancrée
(croix grecque avec des ancres aux extrémités de chaque branche)
- croix russe
(croix grecque avec des barres sur les branches inférieures et supérieures)
- croix tréflée
(croix grecque avec des trèfles aux extrémités de chaque branche)
- croix de Lorraine ou patriarcale
- croix de Malte ou pattée
(les pattes peuvent être pleine ou évidée comme ici)
- croix de Jérusalem (croix grecque dont chaque région contient une croix grecque)
- croix de Toulouse
- croix gammée ou Svastika (selon le sens de rotation)
- Mundolsheim
- Croix huguenote

Galerie

Image:Latin cross.png|croix latine ou croix de la passion (dite christique) Image:Latin cross with equal arms.png|croix grecque appelée crux quadrata Image:Saint Peters cross.png|Croix de saint Pierre (crucifié à l'envers selon la légende) Image:AnkhSymbol.jpg|crux commissa avec une anse égyptienne (chrétiens coptes) Image:StAndrewsCross.jpg|crux decussata ou croix de saint André Image:Simple crossed circle.ant.png|roue solaire, croix à roue avec quatre rayons ; symbole ancien (pré-chrétien) de lumière et de soleil (peuples asiatiques et germains) ; base de la Croix celtique Image:Broken crossed circle.ant.png|le swatiska dérive de la roue solaire avec interruption du cercle Image:IndianSwastica.jpg|forme carrée de la précédente, parfois appelée crux dissimulata (christianisme antique) , approchée de la lettre grecque gamma, d'où crux gammata : croix gammée Image:Croix de Lorraine 2.png|double croix : croix latine comportant deux branches horizontales Image:Cross of Lorraine.png|branches horizontales de longueur déifférente : la croix archi-épiscopale, ou croix patriarcale ; confondue avec le symbole de Jeanne d'Arc, elle devient ensuite la croix de Lorraine Image:Cross of the pope.png|croix triple dénommée croix papale, également croix hiérophante. Emploi : Rose-Croix français et partisans de Saint de Guaita Image:OrthodoxCross.jpg|croix russe, dont la branche inférieure est inclinée Image:Cross of the Evangelists.png|croix relevée ou croix d'archange (variante) Image:Cross of the archangels 1.png|croix relevée ou croix d'archange (variante) Image:Cross of the archangels 2.png|croix relevée ou croix d'archange (variante) Image:Cross-Triple-Parted-Fretted-BW.png|croix romane de consécration (gammas entrelacées) Image:Cross-Crosslet-Heraldry.png|croix de consécration nommée croix de répétition ou croix allemande Image:Cross-Jerusalem-Potent-Heraldry.png|croix de Jérusalem, insigne des chevaliers de la Sainte Tombe (les cinq croix figurent les cinq blessures du Christ) Image:Cross-Potent-Heraldry.png|croix à béquilles, base de la croix de Jérusalem, connue des mérovingiens qui frappent monnaie avec ce symbole Image:Cross-Bottony-Heraldry.png|croix à trèfle, reprise des druides (plante magique) par saint Patrick, qui aurait expliqué la sainte trinité à ses coreligionaires à l'aide d'une feuille de trèfle ; devient l'emblème de l'Irlande Image:Maltese-Cross-Heraldry.png|croix de Malte, ou croix de saint Jean (même origine) Image:Cross-Pattee-alternate.png|croix à pattes, ressemblant à la croix de Malte, dérivant de la crux quadrata. Présence dans le choeur de l'église byzantine d'Advat, en Israël Image:Cross-Pommee-Heraldry.png|croix à ballons ou à pommes Image:Cross santiago.gif|croix à enfoncer ; forme de croix de saint Jacques (le Majeur)
- Images pour cette partie : environnement Commons
- Bibliographie de cette partie :
  - Le livre des Signes et des Symboles, pages 96-106
    - I.Schwarz-Winklhofer et H.Biedermann
    - éditions Grancher, traduit de l'allemand, mars 2005
    - ISBN 9-782733-909-218
-
ja:十字

Utérus

L'utérus est un organe participant aux fonctions reproductrices chez la femme et les femelles des autres mammifères.

Anatomie humaine

Chez la femme, l'utérus est un organe creux, impair, médian, siégeant dans le petit bassin (ou pelvis) féminin. Sa forme est globalement celle d'une poire. Il est composé de 3 régions : le col, l'isthme, et le corps.

Morphologie externe

Ses dimensions sont de 8 cm par 4 cm, aplati d'avant en arrière. Le corps est grossièrement triangulaire. La partie la plus postérieure du corps reçoit l'implantation des trompes de Fallope. Le col est un cylindre où s'insère le vagin (la partie qui fait saillie est souvent appelée museau de tanche). Le col possède un orifice qui relie la cavité vaginale à la cavité utérine : l'ostium utérin. C'est par cet orifice que s'écoulent les menstruations, et que remontent les spermatozoïdes.

Morphologie interne

La paroi utérine est faite d'une muqueuse, l'endomètre. Cette muqueuse, fortement vascularisée et riche en glandes, varie en épaisseur au cours du cycle menstruel. La paroi externe est un muscle lisse appelé myomètre (à commande involontaire; à la différence des muscles striés : à commande consciente).

Rapports aux organes voisins

L'utérus est normalement fléchi en avant (dit antéversé). En avant de lui, on trouve :
- la vessie et
- le pubis; en arrière :
- le rectum; latéralement :
- les ovaires; en haut :
- le péritoine. Les variations de position de l'utérus ne sont pas rares : il peut être aligné avec la cavité vaginale, voire fléchi en arrière (utérus rétroversé). Ces dispositions exposent à la descente d'organes et à la dyspareunie.

Vascularisation

L'artère utérine assure les apports en nutriment et en oxygène de l'utérus, elle provient de l'artère iliaque interne. left
- 1. trompes de Fallope
- 2. vessie urinaire
- 3. symphyse pubienne
- 4. ligaments vésico-pubiens
- 5. clitoris
- 6. petite lèvre
- 7. vestibule vaginal
- 8. ovaire
- 9. péritoine
- 10. utérus
- 11. cul-de-sac vaginal
- 12. col
- 13. rectum
- 14. anus

Fonctions

L'endomètre utérin (c'est-à-dire la muqueuse qui tapisse l'intérieur de la cavité utérine) est sensible aux hormones ovariennes. Ainsi, la première partie du cycle est consacrée à l'épaississement de la muqueuse utérine en vue d'une grossesse. S'il y a fécondation, l'œuf s'implante dans l'endomètre pour entamer la grossesse. En dehors d'une fécondation, l'endomètre est éliminé au cours des menstruations, qui marquent le début d'un nouveau cycle (durée habituelle de 28 jours, mais très variable d'une femme à l'autre). Dans le cas d'une grossesse, la croissance de l'embryon entraîne la distension de l'utérus. Sa taille va ainsi passer de 8 cm de long (une orange) à 35 cm. Lors de l'accouchement, les contractions de l'utérus, intenses et régulières, marquent le début du travail qui aboutira à la naissance, le col utérin se dilate pour laisser passer l'enfant. Puis, une fois l'accouchement terminé (bébé et placenta) la musculature utérine se rétracte très vite et l'utérus retrouve ses dimensions habituelles en quelques jours.

Moyens d'explorations de l'utérus


- échographie : Est l'examen de base de l'exploration de l'utérus. Permet le diagnostic des fibromes, des kystes de l'ovaire et des cancers de l'ovaire. Le cancer de l'endomètre bénéficie aussi de l'échographie surtout lorsque l'échographie est pratiquée par voie endovaginale (en mettant une sonde spéciale directement dans le vagin. Indolore et non irradiante, elle est particulièrement utile pendant la grossesse, pour surveiller la croissance, la morphologie, la présentation du bébé.
- IRM : moins disponible que l'échographie, l'IRM donne des images de grandes qualité, utile pour une forme particuléire d 'endométriose, l'adénomyose ou endomètriose interne et pour faire le bilan d'extension des cancers gynécologiques.
- Hystérographie : examen peu irradiant, indolore, permettant d'étudier la cavité utérine (de moins en moins utilisé, parfois encore dans les cancers de l'endomètre). L'hystérographie est surtout utile pour explorer la perméabilité des trompes.
- Scanner : irradiant, indolore et rapide, il étudie les pathologies générales, ou en cas d'incertitude diagnostique.

Maladies de l'utérus


- Tumeurs bénignes : les fibromes sont extrêmement fréquents, en particulier chez les femmes Noires. Ils sont le plus souvent totalement asymptomatiques, mais doivent parfois être retirés en cas de saignement persistants.
- Cancers :
  - Le cancer du col de l'utérus est fréquent surtout chez la femme jeune en raison de la précocité des rapports sexuels. Ce cancer est effectivement une maladie potentiellement transmise sexuellement avec comme co-facteur les papillomavirus dont certains sont oncogènes.
  - Cancer de l'endomètre.
- Infections : cervicite (infection du col), endométrite (fréquent chez la femme jeune)
- Endométriose : développement d'endomètre en dehors de la cavité utérine. catégorie:Appareil reproducteurcatégorie:gynécologie ja:子宮 zh-min-nan:Seⁿ-kiáⁿ-tē

Déesse

ja:神 ko:하느님 simple:God Catégorie:PhilosophieCatégorie:Métaphysique Catégorie:Religion Catégorie:Philosophie de la religionCatégorie:Croyance Dieu est un mot hérité du latin deus, lui même issu d'une racine indo-européenne
- Dyeus Pitar
, « Père Ciel brillant ». Suivant les points de vues, le terme Dieu peut avoir différentes significations. C'est ainsi que :
- pour les religions monothéistes, les trois religions dites du Livre, le terme Dieu désigne un être supérieur immatériel et doué de la perfection absolue.
- pour les religions polythéistes, il n'existe pas un dieu mais plusieurs qu'ils vénèrent, dont les rôles dans l'univers sont variables selon les croyances.
- en philosophie, dans une perspective croyante, Dieu est l'Être par excellence ; on parle aussi en métaphysique de cause première. Il reçoit traditionnellement les attributs suivants : pour l'existence : infinité, immuabilité et perfection ; pour la volonté et l'entendement : toute-puissance, omniscience, sagesse, justice et bonté.
- pour les agnostiques, il n'est pas possible de se positionner sur la question de l'existence de Dieu, ce pourquoi ils demeurent dans le doute.
- pour les athées, l'existence des dieux ou de Dieu relève d'une invention humaine à but social sans fondement réel.

Définitions

Les deux premières conceptions énoncées ci-dessous sont d'auteurs modernes de confession religieuse différentes mais relevant du monothéisme. On notera leurs convergences. Une troisième conception, fondée sur la phénoménologie nous en propose une approche moins intellectualiste et plus proche de la simplicité des évangiles. Pour le concept « Dieu » dans les religions polythéistes, on consultera l'article Dieux ou Noms de Dieu.

Définition de John Hick

John Hick, God Has Many Names, Birmingham University Press, 1988, p. 102
Au premier cercle, nous rencontrons un problème de terminologie auquel aucune solution satisfaisante ne peut être proposée. Comment devons-nous nommer cette réalité transcendante à laquelle nous supposons que la religion constitue la réponse humaine ? On peut pencher initialement pour le rejet de « Dieu », parce que trop théiste - si l'on retient que l'éventail des religions inclut les plus grandes traditions non-théistes comme les théistes - et considérer des alternatives telles que « Le Transcendant », « Le Divin », « Le Dharma », « l'Absolu », « Le Tao », « L'Être en soi-même », « Brahman », « L'ultime réalité divine ». Le fait est que nous ne disposons pas d'un terme parfaitement libre vis à vis d'une quelconque tradition ou susceptible de les transcender. C'est pourquoi on en vient à utiliser le terme fourni par l'une de ces traditions, toutefois l'utilisant (ou ayant conscience de mal l'utiliser) d'une façon qui force ses frontières. Comme chrétien, je serais assez d'accord pour utiliser « Dieu » mais je ne l'utiliserais pas dans son sens absolument théiste. C'est donc un danger pour l'auteur comme pour le lecteur de passer sans l'avoir remarqué et de régresser au sens strict et standard de ce terme ; tous deux doivent demeurer vigilants contre cela. Je parlerai donc de Dieu dans ce qui suit, avec cette restriction importante que c'est une question ouverte de savoir à ce moment du propos, si Dieu est personnel. Nous serons conduits, je le présume, à distinguer Dieu de « Dieu comme il est conçu et perçu par les hommes ». Dieu n'est ni une personne ni un objet mais la réalité transcendante telle qu'elle est conçue et expérimentée par diverses mentalités humaines, notamment soit de façon personnelle, soit de façon non-personnelle.
La conception générale de cette distinction, d'une part, la Déité dans toute sa profondeur infinie, au-delà de la conscience et de l'expérience humaine et d'autre part, la Déité comme une expérience finie dans l'expérience humaine, est ancienne et très répandue. Peut-être la forme la plus explicite de cette distinction est celle entre Nirguna Brahman, Brahman sans attributs, au-delà du champ de langage humain et Saguna Brahman, avec des attributs, connus dans l'expérience religieuse humaine comme Ishvara, le créateur personnel et prince de l'univers. Chez le mystique occidental Maître Eckhart (Meister Eckhart) est distinguée la Déité (Deitas) et Dieu (Deus) ; et Rudolf Otto, dans son étude « Eckhart et Shankara » dit : « Ici même se rencontre la plus extraordinaire analogie entre Eckhart et Shankara : loin au-dessus de Dieu et du Seigneur personnel se trouve la Déité, entretenant une relation identique à celle que tient Brahman envers Ishvara ». Les Écritures Taoïstes, Tao Te Ching, commencent par affirmer que « Le Tao qu'on peut exprimer n'est pas le Tao éternel ». Les mystiques de la Kabbale juive distinguent entre En Soph, l'absolue divine réalité, au-delà de toute description humaine et le Dieu de la Bible ; chez les Soufis, Al Hacq, le Réel semble être un concept similaire, comme l'abyssale Déité soutenant la personnalité d'Allah. Plus récemment, Paul Tillich a parlé du « Dieu au-delà du Dieu du théisme » et dit que « Dieu est le symbole de Dieu ». Whitehead et les théologiens du Process qui l'ont suivi distinguent entre la nature primordiale et la nature conséquente de Dieu, la première étant la nature de Dieu soi-même, l'autre étant constituée de son inclusion dans le monde et la réponse du monde.

Définition de Marc-Alain Ouaknin

Marc-Alain Ouaknin, Dieu et l'art de pêcher à la ligne, Bayard, 2002, p. 12
« Dieu en cent pages. Voilà, j'ai accepté le défi. Mon premier mouvement est d'offrir à l'éditeur cent pages vides. Non par jeu mais par respect. La seule chose qu'on puisse vraiment dire sur Dieu, c'est rien. Ne rien dire ! Théologie négative radicale.
Ne rien dire mais le dire bien !
Je renonce à cette possibilité. Non parce que cela aurait pu être interprété comme une facilité, mais parce que l'idée n'est pas originale. Je retrouve un livre sur les rayons de ma bibliothèque : « tout ce que les hommes savent sur les femmes». 200 pages blanches !
Lucide ! »

Définition de Michel Henry

Le philosophe Michel Henry définit Dieu d’un point de vue phénoménologique, dans son livre C'est moi la Vérité, pour une philosophie du christianisme, Editions du Seuil, 1996, p. 40 :
« Dieu est Vie, il est l’essence de la Vie, ou, si l’on préfère, l’essence de la vie est Dieu. Disant cela nous savons déjà ce qu’est Dieu, nous ne le savons pas par l’effet d’un savoir ou d’une connaissance quelconque, nous ne le savons pas par la pensée, sur le fond de la vérité du monde ; nous le savons et ne pouvons le savoir que dans et par la Vie elle-même. Nous ne pouvons le savoir qu’en Dieu. »
La Vie dont il est question ici n’est pas la vie au sens biologique du terme définie par des propriétés objectives et extérieures, ni un concept philosophique abstrait et vide, mais la vie phénoménologique absolue, une vie radicalement immanente qui porte en elle le pouvoir de se manifester en elle-même sans distance, une vie qui se révèle elle-même à chaque instant. Une manifestation de soi et une auto-révélation qui ne consiste pas dans le fait de voir hors de soi ou de percevoir le monde extérieur, mais dans le fait de sentir et de se sentir soi-même, d’éprouver en soi sa propre réalité intérieure et affective. Comme le dit également Michel Henry dans ce même livre, « Dieu est cette Révélation pure qui ne révèle rien d’autre que soi, Dieu se révèle. La Révélation de Dieu est son auto-révélation ». Dieu est en lui-même révélation, il est la Révélation primordiale qui arrache toute chose au néant, une révélation qui est l’auto-révélation pathétique et l’auto-jouissance absolue de la Vie. Comme dit Jean, Dieu est amour, parce que la Vie s’aime elle-même d’un amour infini et éternel. Michel Henry oppose à la notion de création, qui est la création du monde, la notion de génération de la Vie. La création du monde consiste dans l’ouverture de cet horizon d’extériorité où toute chose devient visible. Alors que la Vie ne cesse de s’engendrer elle-même et d’engendrer tous les vivants dans son immanence radicale, dans son intériorité phénoménologique absolue qui est sans écart ni distance. Puisque nous sommes vivants et donc engendrés à chaque instant par la Vie infinie de Dieu, puisqu’il ne cesse de nous donner la vie, et puisque nous ne cessons de naître dans le présent éternel de la vie par l’action en nous de cette Vie absolue, Dieu est aux yeux du christianisme notre Père et nous sommes ses Fils bien aimés, les Fils du Dieu vivant. Ce qui ne veut pas dire qu’il nous a créé au moment de notre conception ou au commencement du monde, mais qu’il ne cesse de nous générer en permanence dans la Vie, qu’il est toujours à l’œuvre en nous jusque dans la moindre de nos impressions subjectives.

Du Dieu des monothéismes

« Or il y a un danger d'idolâtrie dans tout théisme. Tout théisme qui s'exprime est une idolâtrie, car l'expression le signifie et, par là, le fige ; sauf si, d'une certaine façon, son discours se nie lui-même et devient donc athée. Autrement dit, les paradoxes du langage et de ses significations sont tels que le seul discours sur Dieu qui ne soit pas idolâtre ne peut être qu'un discours athée. Ou encore, que dans tout discours, le seul Dieu qui ne soit pas une idole est un Dieu qui ne soit pas un Dieu. » (Henri Atlan, Niveaux de signification et athéisme de l'écriture, La Bible au présent, Idées/Gallimard, 1982).
On en vient donc à ne pas le représenter, même par respect, au moyen d'un objet, d'un symbole ou d'une idée revient à nier toute connaissance possible de Dieu. Cela ne nie peut-être pas l'expérience mystique, l'extase, etc. Il n'est pas inutile de se demander s'il y a une notion de « Dieu » véritablement commune aux « monothéismes ». Au-delà des élans œcuméniques et du rêve de la philosophia perennis, demeurent des différences irréconciliables. Y a-t-il quelque chose de commun, par exemple, entre Celui qu'on nomme à tout bout de phrase, au besoin pour en faire la marque du futur dans le langage parlé et Celui dont on repousse sans cesse dans le sacré les périphrases qui le désigne ? D'ailleurs, Thomas d'Aquin ne disait-il pas De Deo nihil scimus ? On peut également se demander quel sens aurait cette question avant les débats unitariens du européen où le mot monothéisme apparaît dans son acception moderne et qui naît d'une manœuvre théologique pour isoler radicalement les judaïsme, christianisme et islam du reste de l'Humanité « idôlatre », « polythéiste », bref, païenne qui, dépourvue de toute vérité primordiale, peut être objet de colonisation voire d'évangélisation. On peut penser du mot Dieu ce que Claude Lévi-Strauss disait de mana : Dieu ne serait ni une catégorie ontologique ni un substantif ; il s'agirait d'une catégorie linguistique qui a une fonction sémantique. Sa valeur symbolique de zéro pourrait recevoir divers sens et rendre possible des concepts comme Allah, YHWH, Elohim, Dieu, Ahura Mazda, etc. De ce que l'on s'entend à mettre sous le symbole algébrique de Dieu dépend forcément dieu: les dieux sont toujours des non-Dieu. Si tel est le cas, il y a autant de listes possibles de non-dieu selon lesquelles le « dieu de l'autre est toujours un faux dieu » que de version de Dieu. Inutile de souligner aussi que la valeur de vérité de chacune de ces listes n'intéresse que le théologien et ses préjugés mais non l'étude scientifique de la religion. Chacun peut dire — en mimant ou non le langage neutre de la science — que Jésus ou Simon le Magicien est ou n'est pas Dieu ; les deux énoncés n'en demeurent pas moins d'ordre théologique, i.e. non scientifique. Deux options arbitraires, en quelque sorte, car indécidables

La « mort de Dieu »

En Occident, à partir de Descartes et Pascal notamment, l'existence de Dieu est devenue sujette à la démonstration, et de plus en plus exposée à la critique, concomittante à la crise de la religion chrétienne et l'apparition du protestantisme. On doit à Friedrich Nietzsche la formule célèbre « Dieu est mort », qui fait écho aux mutations de la société occidentale moderne : le scientisme, la théorie de l'évolution de Darwin, le socialisme, la psychanalyse entre autres ont en commun une critique des dogmes religieux, qui ouvre la voie a l'athéisme qui considère la notion de Dieu comme un construct social étranger à la réalité. Le communisme a officialisé l'athéisme dans les républiques socialistes, où la religion et l'existence de Dieu sont vues comme des reliquats d'instruments d'oppression. Au , une part importante d'intellectuels ont revendiqué leur athéisme ; on remarque cependant qu'une plus grande tolérance vis-à-vis des religions et de la croyance en l'existence de Dieu s'est affichée suite à la chute des États communistes. De même, la croyance en l'existence de Dieu et l'activisme politique ont souvent été liés, comme le montrent la vie de Gandhi, les premiers militants socialiste chrétiens, ou encore la théologie de la libération dans les pays du tiers monde. La référence à Dieu reste un sujet sensible notamment en Europe, ou les origines chrétiennes de l'Union européenne ont provoqué des débats houleux lors de la rédaction de la Constitution européenne. Le laïcisme est un principe de gouvernement fortement ancré en Europe, où on compte la plus forte proportion d'athées dans le monde.

Citations le concernant


- « Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. » (Première épître de Jean 4, 16)
- « Dieu est lumière, et il n’y a point en lui de ténèbres. » (Première épître de Jean 1, 5)
- « Dieu existe pour celui qui y croit. » (Régis Debray)
- « Dieu est une diphtongue. » (d'après Commerson, Les pensées d'un emballeur.)
- « Après tout ce que les hommes ont fait pour lui, Dieu aurait tout de même pu se donner la peine d'exister, vous ne croyez pas ? » (Frédéric Beigbeder)
- « La vérité et Dieu sont deux synonymes. » (A. Bailey)
- « Il n'y a pas de dieu, il n'y a pas de dieu, il n'y a pas du tout de dieu. Celui qui a inventé dieu est un crétin. Celui qui propage l'idée de dieu est une canaille. Celui qui adore dieu est un barbare. » (phrase introductive des discours d'Erode Ramaswami, dit Periyar, leader tamoul du , un athée dans l'Inde aux 33 millions de dieux)
- « Dieu est le point tangent de zéro et de l'infini. » (Alfred Jarry, Gestes et Opinions du Docteur Faustroll, pataphysicien — Conclusion d'une suite d'équations mathématiques visant à définir la surface de Dieu)
- « La seule excuse de Dieu est qu'il n'existe pas » Stendhal
- « Si Dieu a créé l'homme à son image nous le lui avons bien rendu. » Voltaire
- « Car devant Dieu, il y a moins un problème de liberté qu'un problème du mal. On connaît l'alternative : ou nous ne sommes pas libres et Dieu tout-puissant est responsable du mal. Ou nous sommes libres et responsables, mais Dieu n'est pas tout-puissant. » Albert Camus Le mythe de Sisyphe
- « Dieu est mort » Friedrich Nietzsche
- « Dieu est mort, Marx est mort et moi-même, je ne me sens pas très bien ... » Woody Allen
- « Dieu. C'est l'être extrême, Dieu. C'est le jour sans fin et sans bornes qui dit: j'aime. » Victor Hugo
- « Quelles idées et notions indignes, ce monde a de Dieu ! Si vous testez vos idées sur Dieu selon l'enseignement des Écritures, vous verrez d'un coup d'œil ce que je veux dire. Nous manquons même du sentiment de grandeur et de puissance et de majesté de Dieu. Écoutez les hommes argumenter à propos de Dieu, et notez avec quelle désinvolture ils utilisent le terme... C'est vraiment alarmant d'observer de quelle manière nous avons tous tendance à employer le nom de Dieu. Il est évident que nous ne réalisons pas que nous parlons du Dieu à jamais béni, éternel, absolu, tout-puissant. En un sens, nous devrions ôter nos souliers à chaque fois que nous employons le nom de Dieu. » Martyn Lloyd-Jones

Voir aussi

Articles connexes


- Alfred North Whitehead
- Apophatisme
- Diable
- Athéisme
- Mythologie
- Guerre sainte
- Hiérophanie
- Inquisition
- La définition de J.Z. Smith
- Noms de Dieu
- Religion
- Secte
- Théodicée
- Théologie négative
- Théologie du Process
- Théophanie
- Théologies de la Mort de Dieu (« Dieu est mort » Friedrich Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra)

Bibliographie


- Jean-Paul Sartre, Le diable et le bon dieu
- Régis Debray, Dieu, un itinéraire
- Régis Debray, Le Feu sacré
- Neale donald Walsch Conversations avec Dieu

Liens externes


- En espagnol, Miquel Sunyol s.j. et Mulot : [http://www.tinet.org/~fqi_sp04/apofatico.htm Hablame de Dios]
- En espagnol, Miquel Sunyol s.j : [http://www.tinet.org/~fqi_sp04/empacho.htm Empachado de teologia]
- [http://www.onelittleangel.com/sagesse/citations/dieu.asp citations] de saints, théologiens, poètes et philosophes sur le thème de Dieu.
- [http://www.unisson06.org Spiritualité laïque - Unisson06.org] : Groupe d'échange, de réflexion et d'entraide sur la spiritualité et la philosophie, dans le but de réunir des personnes investies dans une recherche spirituelle, mêlant compréhension du moi et compréhension du monde, afin d'entraider chacun dans son propre cheminement personnel.

Amulette

catégorie:ésotérisme Une amulette (du latin amuletum, « façon de se protéger ») est un objet qu'on porte sur soi et auquel on accorde des vertus de protection et ou qui porte chance. Une amulette peut être un gemme, une statue, une pièce, un dessin, un pendentif, un anneau, une plante, un animal, un geste, etc. Même les mots peuvent dans certains cas être utilisés, ainsi « vade retro, Satanas », (latin « va-t-en, Satan ») pour chasser le Mal ou la malchance. Les amulettes varient énormément selon le lieu et l'époque. Les symboles religieux en jouent souvent le rôle, que ce soit l'image d'un dieu ou un symbole représentant la divinité (comme la croix chrétienne ou l'œil d'Horus dans l'Égypte antique). Chaque signe du zodiaque a un gemme associé qui sert d'amulette, mais celui-ci dépend des coutumes. Les amulettes sont également liées à la démonologie et la sorcellerie, qui considèrent qu'une croix ou un pentagramme inversé facilite la communication avec les démons.

Voir aussi


- magie
- ésotérisme
- superstition

Miroirs

Un miroir est une surface suffisamment polie pour qu'une image s'y forme par réflexion. C'est souvent une surface métallique, qui, pour être protégée, est placée sur une plaque de verre. L'adjectif relatif au miroir est spéculaire, et l'action de mise en miroir est la spéculation. On peut se voir en utilisant le reflet à la surface de l'eau ou dans une vitre ; dans ce cas on a une reflexion partielle tandis qu'avec un miroir parfait la réflexion est totale. On peut aussi obtenir de la réflexion totale lorsqu'un rayon passe d'un milieu d'indice de réfraction élevé vers un milieu d'indice faible, sous une incidence rasante ; par exemple lorsqu'un rayon passe de l'eau dans l'air, ou bien du verre dans l'air. Cette propriété est utilisée pour les prismes à reflexion totale. Lorsque l'on dit que la surface d'un miroir doit être polie, cela signifie que l'on ne doit voir aucun défaut, afin que la réflexion de l'onde se fasse dans la direction voulue. La taille du défaut visible est de l'ordre de la longueur d'onde de l'onde électromagnétique. Ainsi, avec la lumière visible, les défauts doivent être plus petit que 0,01 μm, ce qui est très contraignant. En revanche, avec les ondes utilisées par la télévision, le défaut doit être plus petit que 0,1 mm seulement, ce qui explique que les paraboles de télévision (qui sont des miroir permettant de concentrer, de focaliser les ondes émises par les satellites) soient rugueuses à l'œil et sous la main ; elles sont en revanche parfaitement lisses pour les ondes hertziennes. Pour les radars, l'ordre de grandeur du défaut admissible est de l'ordre du cm, on peut donc utiliser un grillage comme miroir... De même que pour certain radiotélescopes. radiotélescope

Utilisation des miroirs

La première utilisation des miroirs fut sans doute pour se regarder soi-même (coquetterie). Archimède, entre 215 et 212 av. J.-C., se serait servi de miroirs concaves pour concentrer les rayons du Soleil et enflammer les voiles des navires romains qui attaquaient Syracuse (« miroir ardent »). Cette propriété de focalisation est utilisée de nos jours dans les télescopes ainsi que pour le four solaire d'Odeillo. Le champ de vision humain est limité. En réfléchissant les rayons venant d'une autre direction, un miroir permet d'étendre ce champ de vision dans d'autres directions (mais il masque une partie du champ de vision direct) ; c'est le principe des rétroviseurs d'automobile. Un miroir bien placé permet de voir derrière un objet ; par exemple, le coiffeur met un miroir derrière la tête du client pour que celui-ci puisse voir, dans le miroir lui faisant face, la coupe vue de derrière. Les dentistes utilisent un petit miroir au bout d'une tige pour voir l'arrière des dents. Les services de sécurité, police ou douane peuvent inspecter le dessous d'un véhicule, d'un meuble bas ou le dessus d'une armoire avec un système similaire. Les miroirs évoqués ci-dessus ont pour but de donner une représentation fidèle (ou légèrement déformée mais agrandie) des objets. Mais un miroir peut aussi donner une vision volontairement déformée, par exemple dans les miroirs déformants des attractions de foire. Les miroirs réfléchissent les rayons de manière symétrique, loi décrite par Descartes au . Ainsi, si l'on voit un objet, à partir de l'orientation du miroir (angle que fait sa surface avec l'axe de vision), on peut déterminer la direction dans laquelle se trouve l'objet observé. Ce principe est utilisé dans les sextants pour déterminer la hauteur d'un astre (angle par rapport à l'horizon), et par les géomètres pour déterminer les distances. Un miroir peut réfléchir un rayon lumineux vers l'endroit d'où il vient, après avoir parcouru une certaine distance. Le temps de trajet de la lumière a ainsi servi à la mesure de la vitesse de la lumière. Cette vitesse étant connue, on peut se servir de cette technique pour déterminer les distances ; par exemple, on a mesuré la distance Terre-Lune à l'aide d'un laser réfléchi par un miroir placé sur la Lune par une mission Apollo. Un miroir semi-transparent peut séparer un rayon de lumière en deux rayons identiques. Ces deux rayons ayant par la suite un trajet différent, la différence finale entre les rayons permet de connaître la différence entre les milieux traversés ou les objets rencontrés. C'est ainsi qu'en prenant un des rayons comme référence, on peut construire un hologramme. Cette technique est aussi utilisée en interférométrie ; cela peut servir en travaux pratiques d'optique pour apprendre à connaître les propriétés de la lumière, mais les interféromètres ont permis à Albert Einstein de déduire l'invariance de la vitesse de la lumière (expérience de Michelson-Morley), et on s'en sert pour étudier les ondes gravitationnelles. Si un rayon est réfléchit et fait un aller-retour, il parcours une distance double ; à l'aide de miroirs, on peut donc avoir un grand trajet optique dans un espace réduit. Ceci est utilisé pour certaines expérience d'optique, ainsi que pour avoir des télescopes compacts. télescope au féminin ?, peinture néoclassique (œuvre de William Bouguereau - )]] Si un rayon est piégé entre deux miroirs,cela crée une cavité résonnante qui permet de sélectionner les longueurs d'onde ; ceci est utilisé dans les laser et permet d'avoir une lumière monochromatique

Symbolique des miroirs

Le miroir plan renvoyant une image fidèle de la personne qui se regarde dedans, il est donc chargé d'une forte connotation symbolique. Il permet de se voir tel que l'on est, mais toujours sous un seul et même angle (face à face), notamment avec ses défauts. Il est souvent associé à la vérité, comme par exemple le miroir magique de Blanche-Neige. C'est aussi un symbole fort de la mythologie japonaise, du shintoïsme ; c'est un des attributs de la déesse du soleil Amaterasu (ou Ameratsu). Le psychanaliste Jacques Lacan définit le « stade du miroir », qui est le moment où l'enfant a conscience qu'il se voit lui-même dans un miroir. Cette connaissance de soi (et non cette reconnaissance, puisqu'avant de se voir dans un miroir, un enfant ne connaît pas l'apparence de son visage) intervient entre 18 et 24 mois, en général. Elle participe de la mise en place de différents sentiments, telle que l'empathie, la fierté, la honte. C'est aussi le symbole d'une porte, d'une limite vers un autre monde, particulièrement mis en valeur dans Alice au pays des merveilles.

Inversion de l'image

On dit souvent que le miroir inverse la gauche et la droite. Cette formulation est délicate à comprendre, et amène des questions du type : :"Pourquoi le miroir inverse-t-il la gauche et la droite et pas le haut et le bas ?" Mettez un miroir au sol, montez dessus, et vous pourrez dire que le haut et le bas sont inversés... Il se trouve que par ailleurs, la gauche et la droite sont des notions qui dépendent de l'observateur tout comme le haut et le bas. Ainsi si vous vous tenez face à une personne, votre bras gauche est de son côté droit. De même, le haut et le bas sont définis par la Terre et deux observateurs situés aux antipodes l'un de l'autre auront du mal à décider duquel est à l'endroit ! C'est pour ces raisons qu'il vaut mieux éviter de parler d'inversion d'image en terme de gauche et droite. En fait, le miroir inverse le devant et le derrière (par rapport au plan réfléchissant du miroir). Ainsi, si l'on pose un miroir vertical, la partie réfléchissante regardant vers le Nord, et que vous vous tenez face au miroir : vous regardez vers le Sud, et votre image regarde vers le Nord. Mais si vous levez la main côté Ouest, c'est aussi la main côté Ouest de l'image qui se lève. En terme mathématique, l'image, pour un miroir plan, est la symétrie orthogonale de l'objet par rapport au plan du miroir (cf. plus bas)et c'est ainsi qu'il faut raisonner. Pour plus de précision, il faudrait dire que l'on passe d'un univers orienté main droite à un univers orienté main gauche, et vice-versa.

L'inversion des rotations:

L'inversion gauche droite est un cas particulier des inversions des rotations. Le miroir plan fait d'un vecteur, une image qui en est le symétrique, on parle alors de symétrie miroir. Les vecteurs sont utilisés pour représenter les positions relatives, par exemple la position relative des pieds et de la tête d'une personne peut être représentée par une flèche allant des pieds à la tête. En revanche, pour représenter les rotations on utilise le produit vectoriel : si ox est à 3 heures et oy à 12 heures alors oz est dirigé perpendiculairement au cadran mais de façon orientée: \vec i \wedge \vec j= \vec k Tracer deux vecteur \vec i, \vec jsur un bout de papier et représenter l'angle orienté allant de l'un à l'autre par une petite flêche courbe. Placez vous devant un miroir:Il est facile de constater que le sens de rotation est inversé par le miroir. \vec i' \wedge \vec j'= -\vec k' C'est aussi simple que cela! Par convention, en mathématiques, on choisit le sens positif comme étant le sens inverse des aiguilles. Ainsi toutes les notions liées à la notion de rotation sont inversées par les miroirs : Dans le miroir, la terre tourne... en sens inverse, gauche droite s'inverse tout comme le champ magnétique. Lorsque une personne est face à vous c’est qu’elle a fait une rotation de 180 ° : conséquence sa main droite est face à votre main gauche. Avec la symétrie miroir, vous n'avez pas tourné de 180 °, et si les vecteurs-positions sont les symétriques, les vecteurs-rotation (par exemple ceux représentant la position des doigts autour de la paume) sont eux les anti-symétriques, c'est-à-dire les symétriques changés de sens.

Autre propriété :


- La somme d’un vecteur et de son symétrique est dans le plan de symétrie.
- La somme d’un vecteur et de son antisymétrique est perpendiculaire au plan de symétrie.
- Mathématiquement, le miroir plan inverse le produit vectoriel qui est un produit antisymétrique.

La loi physique de la réflexion

La loi de la réflexion est un des fondements de l'optique géométrique ; elle a été découverte indépendamment à quelques années d'intervalle par Snell et Descartes. Elle indique que : :sur une surface réfléchissante, l'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence (mesuré par rapport à la normale à la surface au point considéré) autrement dit : : La normale est la bissectrice de l'angle formé par le rayon incident et le rayon réfléchi. réflexion sur une surface : l'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence
Réflexion sur une surface : l'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence Cette loi permet de construire de manière géométrique la déviation des rayons, et la position de l′image, c'est-à-dire de l'objet fictif que semblent voir les yeux lorsqu'ils observent le reflet d'un objet réel un miroir, ou plutôt l'objet recomposé par le cerveau à partir de ce que reçoivent les yeux. le cerveau interprète les rayons comme s'ils venaient d'un objet fictif
Le cerveau interprète les rayons comme s'ils venaient d'un objet fictif

miroir plan

Pour un miroir plan : : l'image donnée par un miroir plan est le symétrique de l'objet. Tous les rayons issus d'un point objet A sont réfléchis en passant par le point Ai symétrique de A par rapport au plan du miroir. On dit que le miroir plan est parfaitement stigmatique pour tout point de l'espace. Cette notion est simple si on utilise la géométrie et que l'on construit plusieurs rayons issus de A. On constate que ces rayons proviennent de l'image A après réflexion sur un miroir plan (ce n'est pas le cas avec la plupart des instruments d'optique qui fonctionnent dans des conditions de stigmatisme approché, appelées aussi les conditions de Gauss)

Miroir courbe

Dans le cas d'un miroir courbe, on considère localement le plan tangent à l'endroit de l'impact du rayon sur le miroir, et on applique la loi de la réflexion à ce plan tangent. réflexion sur un miroir courbe convexe, plan tangent au point d'impact
Réflexion sur un miroir courbe convexe, plan tangent au point d'impact Le miroir est dit convexe si les rayons se réfléchissent à l'extérieur de la calotte (comme sur la figure ci-dessus), et concave si la réflexion se produit à l'intérieur de la calotte (comme sur la figure ci-dessous). Notons que dans l'absolu, les miroirs courbes ne sont pas stigmatiques. En effet, les rayons partant d'un point ne se croisent pas tous au même point après avoir été réfléchis par le miroir, mise à part pour quelques points particulier (dans le cas du miroir sphérique, seuls le centre et les points du miroir donnent une « image unique »). Cependant, si l'on respecte les conditions de Gauss, c'est-à-dire :
- le rayon est presque parallèle à l'axe optique ;
- le rayon frappe le miroir à proximité de l'axe optique ; alors, on peut considérer que le miroir est quasimnent stigmatique. Pour la distance, la notion de « proche » fait référence au rayon de courbure : la distance entre le sommet de la calotte située sur l'axe optique et le point d'impact du rayon est petit devant la courbure. Pour l'angle, dans le cas d'un miroir sphérique, cela signifie que l'angle α entre le rayon passant par le centre et la normale à l'impact du rayon vérifie : cos(α) est petit devant 1, ou plus précisément si ε désigne la distance entre le point émetteur A et le centre C, alors 2.(ε/r).cos(α)<<1. stigmatisme approché d'un miroir sphérique ; la figure de gauche montre qu'un point ne donne pas une image unique; la figure de droite définit les notations utilisées ci-dessus
Stigmatisme approché d'un miroir sphérique ; la figure de gauche montre qu'un point ne donne pas une image unique  cette figure est donc fausse; la figure de droite définit les notations utilisées ci-dessus

Miroirs courbes particuliers

Certains mirois courbes sont fréquemment utilisés en raison de leur propriétés particulières. Ce sont des miroirs dont la surface est obtenue en faisant tourner une conique (cercle, ellipse, parabole, hyperbole) autour de leur axe (la surface s'appelle respectivement une sphère, un ellipsoïde de révolution, un paraboloïde de révolution et un hyperboloïde de révolution). La notion mathématique de foyer de la conique (point permettant, avec la droite directrice et l'excentricité, de caractériser la conique) ne recoupe en général pas celle de foyer en optique géométrique (point où convergent les rayons venant de l'infini après déviation), sauf dans le cas de la parabole. Les courbes génératrices étant soit fermées, soit d'extension infinie, les miroirs réels sont donc des surfaces tronquées.

Miroir parabolique

Un miroir parabolique est un miroir dont la forme est une portion de paraboloïde de révolution. Les miroirs paraboliques concaves sont beaucoup utilisés pour produire des faisceaux de lumière parallèles, notamment dans des projecteurs ; ainsi, la lumière reste « concentrée » dans un cylindre, l'intensité lumineuse de la tache projetée ne diminue que peu avec la distance. Ceci provient d'une propriété géométrique de la parabole : si l'on met une lampe au foyer de la parabole, les rayons réfléchis ressortent parallèles à l'axe de la parabole (le foyer géométrique est ici confondu avec le foyer optique).

Miroir elliptique

Un miroir elliptique épouse la forme d'un ellipsoïde de révolution. On utilise des miroirs elliptiques concave pour former un faisceau lumineux convergent, par exemple dans les lanternes de projecteurs de cinéma. En effet, selon une propriété géométrique des ellipses, un rayon partant d'un foyer est réfléchi vers l'autre foyer (il s'agit là des foyers au sens géométrique, et non pas d'un point permettant la création d'un faisceau parallèle). Ainsi, on place la lampe à un des foyers et le centre optique de l'objectif à l'autre foyer, ce qui permet de concentrer le flux de lumière.